Henrik Vibskov, designer

Les danois ont coutume de dire que « L’habit fait l’homme ». Henrik Vibskov est un homme qui fait des habits, mais aussi des expositions, de la musique (Trentemøller), du théâtre, des performances, de la danse… Le designer danois est en effet de ces créateurs multi talents qui fascinent par le foisonnement de leur univers. C’est à travers une exposition en mars dernier à la galerie des galeries que l’on a pu enfin découvrir son travail à Paris.
Diplômé de la Central St. Martin’s School de Londres, Vibskov dessine des collections depuis plus de dix ans. Ses créations pour homme et femme sont vendues dans le monde entier et défilent chaque année à Paris. Collaborative, sa méthode de travail en atelier, proche de ses assistants, amis et fournisseurs, se distingue par une approche très plastique du vêtement. Son point de départ est toujours la matière, qu’il va sourcer chez des fournisseurs extrêmement variés : « tout commence par le tissu : il constitue mon support de travail. A partir de là, je laisse les défis inhérents au matériau s’inscrire dans le processus ».
Matières innovantes, imprimés exotiques, volume des silhouettes, ses créations sont sublimées lors de défilés spectacles conçus comme de véritables performances sensorielles.

C’est justement cette polyvalence créative que mettait en lumière l’exposition Neck plus ultra. Offrant une véritable plongée dans l’univers de l’artiste, la galerie des galeries présentait un corpus d’œuvres et d’installation spécialement réalisées pour l’occasion et inspirés des rites funéraires d’Amérique du Sud et d’Afrique. 
D’emblée, le visiteur était accueilli par un accrochage protéiforme qui relevait du champ de l’installation avec ses miroirs multicolores faisant face à un étrange bestiaire digne d’un muséum d’histoire naturelle, variation poétique à partir de mousse et de lycra. Plus loin, une promenade à travers les cous d’oiseaux renversés – la salle du torticolis (Stiff Neck Chamber) – nous menait à un tunnel à spirales psychédéliques, tels des bigoudis géants en tissu bicolore.
Henrik Vibskov
Egayé par des puzzles en bois aux motifs d’oiseaux multicolores et des tapisseries en tricot de toute beauté (Knitted Tapestry), le parcours s’achèvait par une installation monumentale composée de laine vierge (Face Wool Explosion). Utilisée pour sa densité et son relief abstrait, la laine étirée en longs filaments et modelée au ciseau débordait de trois roues géantes. Pour Vibskov « l’expérience de la matière est le cœur de l’œuvre et fonctionne de manière abstraite ».
Henrik Vibskov 4
En face, des rouleaux de laine brute formaient des méandres fascinants (Wool Bins Ultra), directement inspirés des tonneaux de laine filée observés par l’artiste chez des producteurs norvégiens : « Wool Bins Ultra est un bon exemple de la façon dont le processus de travail peut mener, presque par hasard, à de nouvelles formes d’expression. ».
Fantasques et polymorphes, issues de mille expérimentations formelles et matérielles, les créations de Henrik Vibskov se comprennent comme un ensemble cohérent, « un matériau concret qui pourra être transformé de mille façons avant d’être réassemblé et condensé sous la forme, en l’occurrence, d’une exposition. »
Neck plus ultra, exposition à la galerie des galeries, Galeries Lafayette Haussman
Toutes les citations de Henrik Vibskov sont extraites du catalogue de l’exposition :
Neck plus ultra, Bernard Chauveau Editeur, Paris, 2013
Edition trillingue (Français, Anglais, Danois)
Format : 20 x 25 cm / 64 pages
Tirage à 1500 exemplaires