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Smart Keys : Les matières végétales alternatives


Perçons les secrets des matières éco-responsables avec les Smart Keys.

Au cœur des questionnements autour de l’éco-conception, les Smart Keys s’intéressent à l’analyse des solutions disponibles pour vous accompagner dans un sourcing matière toujours plus éclairé.

Aujourd’hui, découvrons les matières végétales alternatives.


Si l’agro-alimentaire met de plus en plus en avant des approches « du champ à l’assiette », la mode semble vouloir suivre ce terrain-là, avec une approche qui pourrait être qualifiée de « l’assiette à l’armoire », tant les matériaux innovants issus de végétaux sont habituellement rencontrés à table.

Végétaliser la mode

Ces 5 dernières années ont vu un étalage de fruits et légumes comme supports de matières émergentes :

La fibre de banane, issue de bananier textile, connait un intérêt pour enrichir le panel des matières naturelles, avec des caractéristiques de résistance accrue.

Étendard de ces nouvelles générations de matières, Ananas Anam extrait les fibres issues des feuilles d’ananas résiduelles de la culture alimentaire, les transforme en feutre qui est ensuite couvert d’une enduction partiellement issue de maïs. L’atout d’Ananas Anam réside au-delà de la matière même, avec ses propres résidus de production utilisables comme fertilisants ou biofuel, afin d’optimiser chaque gramme de biomasse possible.

Le champ des possibles reste donc ouvert puisque l’on voit désormais des matières issues de kombucha ou d’algues passer le cap de projets pilotes.

Composites naturels

Mirum®, combine des déchets agricoles tels que la poudre de liège, la fibre de coco, l’huile de soja, et le latex d’hévéa… sans aucun composant pétrochimique, ni liant synthétique, ni enduction de polyuréthane. Savante combinaison de recyclage de sous-produits agricoles, ce matériau de Natural Fiber Welding se décline pour la maroquinerie, la chaussure ou l’automobile.

Coté vêtements Agraloop™ est une technologie de traitement de fibre qui transforme le chanvre oléagineux, les graines de lin, tiges de plantes et feuilles de cultures alimentaires et médicinales, en fils artificiels alliant douceur et éco-qualité.

À mi-chemin entre synthétiques et naturels

Certaines solutions présentent une version améliorée des similis cuirs d’origine pétrochimiques, augmentées en contenu biosourcé.

Ces matières présentent une base textile, coton ou polyester, recyclé ou non, couvertes d’un polyuréthane biosourcé, issu de marc de raisin pour Vegea®, de résidus de pommes pour Appleskin®, recyclage de graines de maïs pour Viridis®, ou feuilles de cactus pour Desserto®. Une façon de continuer à porter la recherche sur la chimie verte, en employant des déchets agricoles en lieu et place des composants pétrochimiques habituellement utilisés.

Les formulations ne sont, à date, pas intégralement biosourcées, et restent mélangées avec des ressources fossiles, afin d’obtenir des matières pouvant répondre aux exigeants cahiers des charges de l’industrie vêtements & accessoires.

La matière à la racine

L’innovation qui attire actuellement tous les regards se situe dans le réseau racinaire des champignons. Le mycélium, réseau fibreux dérivé du substrat d’une culture fongique, peut s’apparenter à un feutre, et a l’avantage d’être thermoformable, de résister aux chocs et d’être respirant et hydrophobe.

Des déchets agricoles ou cellulose de coton servent de catalyseurs enzymatiques à ces cultures, qui se développent en un tapis dense de cellules interconnectées. Cette transformation s’effectue sous contrôle d’une température et humidité spécifique, afin de favoriser le développement de ces mousses fongiques.

Le tapis de mycélium peut être ensuite stabilisé au travers d’un tannage, ou fini avec une enduction issue de procédés de chimie verte, puis embossé pour donner un grain au matériau final.


Pas de solution miracle, ces matières s’inscrivent dans un registre d’innovation, et plantent les graines des matières exemplaires de demain. Entre recherches en laboratoires prometteuses, projets pilotes, pour enfin parvenir à des solutions disponibles à grande échelle, le chemin est long, et la mode devra patienter et évoluer en même temps que ces technologies novatrices.

Alors comment décrypter les solutions disponibles et identifier la pépite porteuse de changement de la fausse bonne idée écologique ?


 

Smart Key #1 : Créer en symbiose industrielle

Devant le constat que certaines culture agro-alimentaires peuvent générer jusqu’à 60% de résidus non exploitables, de nombreuses solutions tirent déjà parti de cette biomasse inexplorée. Si certaines matières sont d’ores et déjà sur la bonne voie, le premier point de vigilance est donc l’origine des ressources agricoles.

La perspective de créer de nouveaux matériaux ne doit pas entrainer une nouvelle pression exercée sur les terres, convertir des parcelles dédiées à l’agro-alimentaire, utiliser des OGM ou déforester pour cultiver des végétaux qui s’avèreraient plus rentables. En aucun ce ne serait une opération responsable, que ce soit d’un point de vue environnemental ou social.

Il s’agit alors de favoriser la symbiose industrielle, d’établir des réseaux collaboratifs entre industries, en faisant coopérer l’agro-alimentaire et la recherche matière main dans la main, avec des innovations textiles issues de matière première secondaire. Ces matériaux s’inscriront dans une économie circulaire afin d’optimiser toute ressource exploitée, et diminuer ainsi l’empreinte écologique.

 

Smart Key #2 : Questionner les pourcentages et caractéristiques

Pour qualifier une matière d’innovation responsable, elle devra prouver une avancée majeure en comparaison des propositions classiques, en observant notamment le pourcentage de biomasse, le type de traitement chimiques (ajouts de solvants, plastifiants…) ou mécaniques entrant dans le développement, leur respirabilité, leur caractère hydrophobe entre autres propriétés.

Les matières végétales peuvent souvent mettre en avant une biodégradabilité, mais si ce caractère est applicable pour la matière première employée, qu’en est-il de la matière finie ? Si elle est effectivement biodégradable dans quelles conditions ce processus s’entend-il ?

 

Smart Key #3 : Tester leur résistance et durabilité

Souvent plébiscitées pour remplacer le cuir ou simili, ces matières doivent être avant tout choisies pour leurs caractéristiques, propriétés et look, pour un choix de cœur et raison plutôt que par défaut !

Il faudra observer la performance sur l’aspect de la durabilité.

Des tests physiques et mécaniques permettent d’établir la performance et durabilité de la matière sélectionnée au regard de la production, de la transformation et de l’utilisation, au travers de la résistance à la traction, la flexion et à l’abrasion, pour un projet chaussures ou maroquinerie qui ne reproduise pas les défauts de craqueler et mal vieillir comme les précédentes générations de polyuréthane ou PVC.

Sources

Comparison of the Technical Performance of Leather, Artificial Leather, and Trendy Alternatives – Michael Meyer *, Sascha Dietrich, Haiko Schulz and Anke Mondschein

 


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