GLOBAL EVENTS FOR FASHION PROFESSIONALS​

GLOBAL EVENTS FOR FASHION PROFESSIONALS​

Dossier spécial – Japon

Dossier spécial Japon 🇯🇵

Le marché en direct

La demande progresse depuis la reprise, mais n’atteint toujours pas les niveaux pré-COVID. Dans l’habillement, les exportations se développent.

Le quotidien spécialisé Senken Shimbun estime la valeur du marché japonais de l’habillement à 8 884,7 milliards de yens en 2022, soit une augmentation de 4,1 % par rapport à l’année précédente. Bien qu’il s’agisse de la deuxième année de hausse consécutive, tant en termes de montant que de quantité, les résultats restent en deçà des 8,2 % enregistrés en 2019, juste avant le COVID, et n’ont pas encore atteint les niveaux antérieurs. 

Une reprise totale qui se fait attendre

Le volume disponible a augmenté de 2,5 % par rapport à l’année précédente, pour atteindre 3727,7 millions d’articles. Bien qu’il s’agisse de la troisième année consécutive d’augmentation, le niveau reste en dessous des 4 milliards d’articles, et on constate tout de même une baisse de 6,4 % par rapport à 2019. Un élément clé doit être pris en compte : la stagnation de la demande, conjuguée à l’augmentation du nombre de détaillants cherchant à écouler une quantité limitée d’articles au prix le plus juste. 

D’après le Rapport annuel sur les dépenses des ménages communiqué par le ministère japonais des Affaires intérieures et des Communications, les dépenses mensuelles pour les vêtements et chaussures ont augmenté de 4,7 % par rapport à l’année précédente, pour atteindre 9 493 yens. Bien que la tendance à la baisse ralentisse, elle reste de 16 % inférieure à 2019, soit encore loin d’une reprise complète. 

Photo : Andre Benz

Cette stagnation de la consommation devrait se poursuivre en 2023, alors que l’ensemble du secteur de la mode et du textile est encore en phase de reprise. Cela s’explique par une diminution des revenus et une augmentation des prix. Bien que les salaires aient augmenté de plus de 3 % en 2023, les salaires moyens au Japon n’ont pas augmenté depuis 30 ans. En parallèle, les prix à la consommation, à l’exception des produits alimentaires frais à Tokyo, ont augmenté de 5 %. Conséquence : les revenus réels sont en baisse. Selon les différentes enquêtes menées sur les ménages, les dépenses pour les vêtements et les chaussures continuent de baisser, tandis que le marché de la vente de produits d’occasion se développe. En effet, pour maintenir leur niveau de vie, les consommateurs se tournent de plus en plus vers les magasins et les applications mobiles leur permettant de vendre des produits de seconde main.

L’accélération du marché de l’occasion enregistre une augmentation de 11,7 % par rapport à l’année précédente, pour atteindre 2 700 milliards de yens en 2021. Dans ces résultats, les articles d’habillement constituent la catégorie la plus importante, avec 458,7 milliards de yens (en augmentation de 14,4 % par rapport à l’année précédente), suivis de près par les articles de luxe, avec 294,7 milliards de yens (en augmentation de 19,6 %). Ce marché devrait représenter 3 000 milliards de yens en 2023 et 3 500 milliards de yens en 2025. Si le marché actuel des articles neufs est considéré comme une artère pour le secteur de la mode et du textile, alors le marché des produits d’occasion constitue les veines qui lui sont indispensables.

Une augmentation des exportations d’articles d’habillement

Face à la stagnation du marché intérieur et à la dépréciation rapide du yen, les statistiques montrent que de plus en plus d’entreprises de la mode et du textile se tournent vers l’exportation.

Selon l’Association japonaise des exportateurs de textiles (Japan Textiles Exporters Association), les exportations de produits textiles pour les dix premiers mois de 2023 ont atteint 5 676 920 000 dollars, soit une baisse de 4,1 % par rapport à la même période de l’année précédente.

Les tissus synthétiques longs ont maintenu des niveaux presque inchangés, affichant 774,5 millions de dollars malgré l’impact de la stagnation des marchés européens et américains. Cependant, l’ensemble des tissages et mailles a diminué de 1,8 %, pour atteindre 1 768 598 000 dollars. Alors que certains produits ont connu des difficultés, à l’image des matières premières (comme le coton) et des matières non-tissées, les produits d’habillement marquent une augmentation de 10 %, avec un chiffre d’affaires de 622 889 000 dollars.

Le Japon est un acteur majeur historique des exportations de matières premières, de fils, de coton et de textiles. Les produits d’habillement, en revanche, connaissent un déficit commercial structurel. On notera tout de même que les mouvements vers les marchés mondiaux, y compris l’Europe, les États-Unis et l’Asie, se sont accélérés, tant pour les grandes entreprises que les PME et les marques.

Un intérêt accru pour les PME du textile

Après la pandémie, les PME du textile se sont aussi tournées vers l’étranger. Bien que l’industrie textile japonaise soit en déclin, les entreprises qui ont continué à protéger la production nationale attirent désormais l’attention pour leur expertise technique.

Sato Seni, fabricant de mailles installé dans la ville de Sagae, compte parmi les exemples les plus parlants. L’entreprise fondée il y a 120 ans est aujourd’hui le seul filateur de laine de la préfecture de Yamagata et l’un des principaux fabricants mondiaux de fils de laine peignée. Les exportations de fils, notamment vers l’Europe, ayant augmenté après la pandémie, la production est désormais deux fois plus importante qu’avant la crise du COVID.

Hasetora Bouseki, originaire de la ville de Hashima, dans la préfecture de Gifu, est en activité depuis plus de 130 ans. L’entreprise développe elle aussi des stratégies nouvelles et débloque des investissements importants.

Photo : Ryoji Iwata

Elle collabore avec des entreprises de matériaux innovants, à l’image de Spiber (installée à Tsuruoka, dans la préfecture de Yamagata) et de Bioworks (installée à Seika, dans la préfecture de Kyoto). Toutes deux développent des protéines structurées, telles que la Brewed Protein, et des PLA, des acides polylactiques modifiés biodégradables, appelés PlaX™️. Objectif : faire progresser l’industrie textile en se positionnant comme un fabricant innovant.

Le seul fabricant de fils de soie au Japon, Nakagawa Silk, situé à Nagahama, dans la préfecture de Shiga, a mis au point une soie lavable, Prime Silk. Séduits par la qualité supérieure du fil, marques de luxe européennes et créateurs japonais font exploser la demande pour cette fibre et poussent au maximum les capacités de production de l’entreprise. Une nouvelle usine a d’ailleurs été mise en service pour absorber cette demande et répondre à diverses innovations.

Sumiko WAKASA
Redactrice en chef, Senken Shimbun


À suivre de (très) près

Notre sélection des marques qui font parler d’elles sur le marché japonais

Un magasin situé à New York

CA annuel : 30 milliards de yens

Gelato Pique est une marque de vêtements d’intérieur homme / femme et fondée en 2018 à Tokyo.

Elle fait partie du groupe MASH Style Lab Co.,Ltd. qui détient également la marque de prêt-à-porter populaire Snidel.

Gelato Pique définit ses collections comme des « desserts à porter » ou encore des « gâteaux de mode » avec des textures moelleuses, des couleurs pastel et des jolis motifs.

Les prix sont élevés, il faut compter 15000 yens pour un ensemble (114 € environs)

La marque travaille avec plusieurs matériaux : Gelato, Smoothie, Powder, Souffle, Aqua Dry. Gelato est « un tissu léger et moelleux est incroyablement doux et offre une expérience loungewear inoubliable ». Smoothie est fait référence « à la sensation douce de ce tissu sur la peau, évoquant la délicieuse boisson fondante dans la bouche ». Powder « a la même sensation moelleuse de « gelato » avec une fonction de séchage rapide supplémentaire pour absorber rapidement la transpiration, laissant un toucher soyeux sur la peau. » Souffle est un matériau qui retient la chaleur. Enfin, Aqua Dry est le tissu signature « gelato » avec des éléments techniques ajoutés. « Le matériau original est doublé avec une fonctionnalité absorbant l’eau, ce qui donne un toucher aéré et doux qui promet des rêves agréables. »

Site web : https://gelatopique.us/

Womenswear & Menswear

CA annuel : environ 400 millions de yens

Créée en 2016 par Marl Kousaka, la marque été lancée alors que le créateur était encore étudiant. Jusqu’en août 2022, Foufou était disponible uniquement en ligne.

En 2022, la marque a ouvert son premier magasin physique à Tokyo. En septembre 2022, un pop-up store a également ouvert ses portes au sein du grand magasin Isetan. Il est inhabituel pour une marque qui vend principalement en ligne de s’étendre à Isetan, qui propose une gamme de produits de luxe. Cet événement montre clairement que le foufou attire l’attention sur la scène mode.

Les vêtements Foufou pourraient être qualifiés de « casual ».

La clientèle semble être principalement composée de personnes qui valorisent leur monde intérieur de manière calme plutôt que de fashionistas flashy. M. Kousaka a parlé de la conception de ses collections comme suit : « Je pense que mes racines sont dans les produits industriels. Je suis très intéressé par le travail du designer de meubles Sori Yanagi et du directeur artistique de Muji, Kenya Hara. Je pense que mes racines sont intemporelles, simples et durables, et mes vêtements ne le sont pas. J’ai toujours aimé les choses classiques, donc le style des Amish ».

Le magasin nouvellement ouvert a une superficie de seulement 4 tsubo. Il se dresse tranquillement dans un coin de la rue commerçante Yutenji. Ouvert au public uniquement les matins de semaine, sur réservation.

Site web : https://the-museum-foufou.com/

Womenswear & Menswear

8 shops à l’international

Imaginée par le designer Junichi Abe en 2004, une marque de prêt-à-porter mixte.

Après être passé au sein de l’école de mode Bunka Fashion College de Tokyo, puis au sein du studio de création Comme des Garçons ou il rencontra son épouse Chitose Abe, la fondatrice de la marque Sacaï.

Kolor fait partie des premières marques invitées par la Fédération française de la couture en 2017 pour présenter leur collection au Palais de Tokyo, elle y défile maintenant à l’international.

La marque est considérée comme un dérivé du sportswear contemporain.

Site web : https://kolor.jp/

Womenswear & Menswear.

Disponible dans 20 pays / 2 shops au Japon / 80 revendeurs.

Lancée en 2015 à Tokyo par le créateur Ryota Iwai. Depuis sa création, la marque défile chaque saison à la Fashion Week de Paris.

Chaque collection commence par une recherche approfondie des meilleures matières premières et fils de haute qualité, provenant du Japon et du monde entier. Viennent ensuite la conception et le développement de tissus originaux : en tirant le meilleur parti de leur qualité.

L’entreprise emploi 12 personnes, auxquels s’ajoutent 15 autres travaillant dans les boutiques.

Site web : https://auralee.jp/

Womenswear & Menswear

CA 2022 : +2 milliards de yens

4 shops au japon / Revendue dans 21 pays (Asie / Europe / US / australie) / 170 revendeurs

Créée en 2020 par le designer Yusuke Takahashi, ancien directeur artistique d’Issey Miyake. En 2022, il a reçu le Fashion Prize of Tokyo.

Défile à la Fashion Week de Paris.

CFCL signifie « Clothing For Contemporary Life ».

Les quatre piliers qui composent la marque sont : la sophistication, la conscience, le confort et la facilité d’entretien.

Environ 70% des vêtements CFCL seront tricotés à l’aide de la technologie Wholegarment (tricotage informatique en 3D) de Shima Seiki qui garantit un minimum de déchets.
CFCL utilise principalement des fils japonais, recyclés lorsque cela est possible.

Site web : https://www.cfcl.jp/

Womenswear

3 shops au japon / 94 revendeurs (93 en Asie et 1 en France)

Mame Kurogouchi est une marque de prêt-à-porter féminin basée au Japon, créée en 2010 par Maiko Kurogouchi.

Chaque vêtement reflète un souvenir de la créatrice ou ses expériences vécues au cours de ses voyages ou de sa vie quotidienne. Qu’il s’agisse de soie, de cachemire, de laine ou de polyester, les tissus originaux sont souvent réalisés à partir de fils pour concrétiser l’inspiration et le thème de la saison. Ornés de jacquard ou de broderies emblématiques, ils sont confectionnés par les mains habiles des meilleurs fabricants et artisans du Japon.

Site web : https://www.mamekurogouchi.com/

L’œil de Tranoï

Salon partenaire spécialiste de la jeune création internationale, Tranoï identifie pour vous les marques émergentes au Japon

CATHRI

Prêt à porter

CATHRI incorpore la technique japonaise du Kurume Kasuri, un bien culturel immatériel d’importance nationale. Un vêtement d’intérieur intemporel et universel en provenance du Japon.

CATHRI explore les magnifiques techniques du Kasuri à travers ses designs uniques, inédits dans le monde.

Instagram →

Photo : Cathri
Photo : Hizen Jewelry

HIZEN JEWELRY

Accesoires / Bijoux

Les céramiques de HIZEN, une région du Japon, sont considérées comme des bijoux.

Les cinq céramiques symboliques : Arita-ware, Imari-ware, Karatsu-ware, Ureshino Yoshida-ware et Takeo-ware, sont appréciées en tant qu’art populaire japonais et représentent une inspiration pour la marque.

Instagram →

EVAM EVA

Prêt à porter

« Passez votre vie quotidienne dans le confort.

Ce que vous portez, ce que vous mangez, ce que vous désirez et ce que vous choisissez sont tous liés à l’expression de votre propre vie et de votre mode de vie.

Notre savoir-faire a commencé par des pulls simplement taillés dans des matériaux de haute qualité. Depuis, nous avons progressivement ajouté de plus en plus d’articles et nous continuons à fabriquer des objets que nous aimerions avoir dans notre vie quotidienne. »

Instagram

Photo : Evam Eva

(Re)découvrez notre dossier spécial #4 : Corée →

Rendez-vous le mois prochain pour notre
dossier spécial #6 sur le marché chinois