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La question éco : Peut-on faire des vêtements techniques sans matière synthétique ?

Polyamide, polyester, élasthanne, aucun doute : ces fibres figurent en composition de vos vêtements de sport préférés. Windproof, waterproof, climatique, réfléchissant, force est de reconnaître que les synthétiques proposent des atouts conséquents lorsqu’il s’agit de mettre le vêtement à l’épreuve des usages sportifs les plus exigeants, ou des conditions climatiques les plus rudes.

Cependant lorsque l’on vise un corps sain, ou que l’on tend vers une harmonie avec la nature en outdoor, n’est-ce pas contre-intuitif de se tourner vers des matières tout sauf naturelles ?

La promesse de la performance

A partir des années 1940 les fibres synthétiques ont mené une compétition féroce avec les naturels pour imposer leurs qualités. Face à leurs coûts réduits alliés à des capacités techniques développées en R&D pour être ultra-extensibles, avoir un temps de séchage optimisé, ou des résistances à l’abrasion extrême, les naturels se sont rapidement trouvés sur le bas-côté.

Si certains sports nécessitent effectivement des qualités difficilement égalables avec des naturels, les sports doux eux, peuvent tout à fait tendre vers des compositions naturelles. Miser sur les qualités thermorégulatrices des lins et chanvres, la résistance des cotons, ou de l’élasticité naturelle de la laine, avec des armures crêpes ou des tricotages favorisant confort et liberté de mouvements, sont des alternatives permettant de relever le challenge.

Solidité et réparabilité

Un produit synthétique a l’avantage de ses inconvénients, il peut persister beaucoup plus longtemps qu’une matière naturelle. C’est cet apparent défaut dont on peut tirer profit en garantissant la durée de vie d’un produit à un consommateur via des tests de qualité physico-mécaniques. L’engager à ramener son vêtement fétiche, pour le réparer lorsqu’il présente un accroc ou de signes de faiblesse, est une caution de responsabilité du producteur, veillant à ce que les produits puissent réellement être utilisés longtemps.

Circularité programmée

Le nouveau défi des équipementiers ? Reformuler les compositions des synthétiques, et se passer de ressources fossiles pour répondre aux enjeux de réduction d’émissions de CO2. Polyester, polyamide et élasthanne se déclinent désormais version recyclée. Autre possibilité en plein boom, les synthétiques biosourcés. Ici des ressources renouvelables et co-produits végétaux viennent transformer de l’amidon de maïs, bagasse, ou huile de ricin en synthétique. Les nouvelles générations plastiques ciblent aussi la biodégradabilité ou compostabilité avec des qualités développées pour se désintégrer dans des conditions de traitement industriels.

Reste que quel que soit leur débouché en fin de vie, ils génèrent des microfibres plastiques, sauf pour quelques produits niches conçus pour ne pas relarguer de traces synthétiques.

Le problème n’est pas tant l’utilisation des synthétiques pour un segment de produits performants, que l’utilisation prépondérante de synthétique dans la mode, représentant 68% des fibres produites à échelle mondiale. Et même dans un registre purement sport actif, notre consommation est tout autant dopée à la nouveauté, alors que soyons honnêtes…notre activité physique ne nécessite peut-être pas autant d’équipements ? Ici la réflexion est ouverte, et la balle est dans votre camp !

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