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La question éco – Microfibres : comment lutter contre l’invisible ?

C’est une première, à partir de janvier 2023, la loi Agec exigera des plus grands acteurs mettant au marché en France qu’ils indiquent le risque de rejet de microparticules plastiques dans l’environnement lors du lavage, quand un article comporte plus de 50 % de matières synthétiques.

Les regards se tournent effectivement de plus en plus vers ces microscopiques éléments, ayant une incidence importante compte tenu de leur volume, puisque près d’1/3 des microparticules plastiques proviendrait de nos vêtements.

Tout type de fibre, tout au long du cycle de vie

La perte de particules peut être liée à la typologie de fibre, à la construction de l’étoffe, aux procédés de finissage, et, lors de l’entretien, au type de machine à laver, au choix des cycles de lavage au détergents utilisés. Il est évident qu’avec 64% de la production de fibres dédiée aux matières synthétiques*, ce sont celles qui gravitent majoritairement autour de nous.

Cependant les matières naturelles ou artificielles sont également concernées, car ces fibres portent avec elles les traitements subis. En effet, en amont, les différents bains de teinture, apprêts chimiques ou mécaniques, ayant pour objectif d’apporter un aspect visuel ou des performances techniques, ne sont pas neutre en incidence une fois les particules relarguées dans les eaux ou dans l’air. En aval, lors de l’usage les articles viendront disperser des microfibres plastiques, ou diffuser des substances liées aux teintures et finissages.

Pollution des sols, migration jusqu’aux nappes phréatiques, risques pour la santé humaine, pour la vie marine, ces micros à nanoparticules s’infiltrent partout.

Les pistes de solutions

Aujourd’hui, les méthodologies de mesure de pertes de fibres peuvent varier, et par conséquent brouiller la vision, lorsque l’on agrège des résultats non alignés pour tirer des conclusions. La normalisation des tests avec un standard iso à venir en 2023, permettra de caractériser avec plus de fiabilité les typologies à risques, et ainsi ouvrir la voie à la remédiation du problème avec des solutions innovantes développées en fonction.

Sur la phase industrielle, il est déjà possible de renforcer les systèmes de filtration, dans l’air et dans les eaux usées, lors de la production de fibres, fils, étoffes, pour capter en amont les microparticules liées aux étapes de transformations des matières.

Ensuite, les consommateurs ont aussi leur rôle à jouer, les études tendent à démontrer que les systèmes des machines à chargement top ont une action plus importante sur les fibres et provoqueraient un relargage bien plus important. Quant aux lavages à froid, aux cycles d’essorages doux, à l’utilisation de sac de lavage et à l’installation de filtres spécifiques sur les lave-linges, ainsi qu’au séchage à l’air libre, ces multiples leviers permettraient de préserver les étoffes du rejet de microfibres.

*Textile Exchange Preferred Fiber Market Report 2022

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