Paraffection : pour les métiers d'art

En 1997, la maison Chanel annonçait la création de sa filiale Paraffection, destinée à rallier les ateliers d’art d’exception rachetés par la maison de la rue Cambon au fil des années. Dans le giron de ce rassemblement tout juste installé à Pantin, aux portes de Paris, des « petites mains » aux savoir-faire divers et variés et aux appellations aussi poétiques que leurs activités : entre autres, le plumassier Lemarié, le parurier floral Guillet, le brodeur Lesage, le bottier Massaro, le parurier Desrues, le chapelier Maison Michel, le gantier Causse, ou encore l’orfèvre Goossens. Des métiers que l’on croirait échappés d’une autre ère, tant les révolutions contemporaines du monde de la mode semblent n’avoir pas laissé de place à ces petites maisons aux ressources hors du commun. Mais, si les clients de ces ateliers d’art se font en effet plus rares, ils sont bel et bien là : esthètes fortunés désireux de s’offrir une pièce unique, ou maisons de couture passant commande pour leurs défilés, ces dernières ne pouvant se passer de ces « petites mains » au service des idées fantasques et précieuses de leur créateur.
Consciente de l’importance de ces maisons, autant pour elle-même et sa légitimité en tant que temple du raffinement, que pour la survie de la haute couture ou le témoignage historique et actuel de l’exception française, la maison Chanel a décidé de les soutenir en leur permettant notamment d’assurer la perpétuation de leur savoir-faire à travers le temps ; et de les mettre en scène en leur consacrant, une fois par an depuis 2002, un défilé, voyage dans leur univers à la fois minutieux et grandiloquent. Peut-être un peu par intérêt donc, mais surtout par affection.