Marimekko, la bonne impression

1951 : les Finlandais Armi et Viljo Ratia amorcent la transformation de leur entreprise, Printex, et donnent ainsi naissance à Marimekko. Coupes à la pureté monacale et aux imprimés luxuriants signent d’emblée l’identité de cette marque qui trouvera très vite son public – dont Jackie Kennedy, qui s’offre sept robes en 1960 et apparaît dans la foulée vêtue de Marimekko en couverture de Sports Illustrated.
Rayures multicolores, pois démesurés, fleurs seventies, motifs graphiques, ornements tracés à la pointe du crayon… Les imprimés Marimekko, tels une signature, semblent d’une variété infinie mais sont reconnaissables au premier coup d’œil. Rien d’étonnant à cela puisque la marque crée des motifs « maison », dessinés et réalisés pour la plupart dans ses trois unités finlandaises de production en propre.
C’est à l’artwork studio que sont initiés les prémisses du produit final : le designer livre un premier croquis, transformé en motif à imprimer. Les coloris sont définis (il peut y en avoir jusqu’à douze différents), et la vision originelle du créateur est déclinée en motifs se répétant de manière à recouvrir une large surface de matière. Vient ensuite l’étape du printing screen, sorte de sérigraphie réalisée à partir d’une émulsion réactive à la lumière. Après séchage au four et reproduction du dessin à l’aide d’une cire spécifique, le tissu est exposé à une lumière vive. Le premier prototype est alors réalisé, et le designer peut ainsi découvrir pour la première fois son dessin reproduit sur la matière textile.
Le processus d’impression peut commencer. Dans la « cuisine des couleurs » sont réalisés les mélanges qui imprègneront le tissu grâce à la machine à imprimer. Huit personnes accompagnent cette étape, et un motif complexe peut en mobiliser jusqu’à cinq pour une même impression. La couleur est ensuite fixée à la fibre par de la vapeur ou de l’air chaud avant d’être lavée à 95 degrés. Les finitions et apprêts précèdent le passage à l’inspection, effectuée par des yeux avertis ne laissant pas passer la moindre irrégularité.
Le tissu peut enfin poursuivre sa destinée, devenant vêtement, sac, écharpe, coussin, objet textile ou encore parapluie…