Le tisserand

Tisserand semble être un métier d’autrefois, comme venu d’un autre temps : il est en effet presque contemporain de l’apparition de l’homme qui, pour satisfaire ce besoin primaire de se couvrir le corps, fila et tissa dès la Préhistoire les fibres textiles pour en faire des vêtements.
Le tisserand, dont l’activité consiste à entrecroiser des fils de chaine et de trame pour aboutir à des tissus, officiait à grande échelle dans le monde d’avant l’industrialisation, jusqu’au début du 19ème siècle : dans les campagnes, et tout particulièrement dans les régions où l’élevage d’animaux laineux ou la culture de fibres naturelles étaient très développés, le tisserand était alors un ouvrier comme les autres, tissant sans relâche le coton, le lin ou la laine au rythme de longues et rudes journées de travail effectuées le plus souvent à domicile.
Pratique artisanale encore vivace dans de nombreux pays asiatiques, africains ou sud-américains, en Europe ou en Amérique du Nord, avec l’industrialisation et l’automatisation des processus de tissage, le métier de tisserand s’est raréfié : aujourd’hui en France, on en compte une soixantaine exerçant leur métier de façon artisanale, principalement dans ces mêmes régions à la tradition textile ancestrale (Nord-Pas-de-Calais, Midi-Pyrénées, Rhône-Alpes…). Ces rescapés du tissage, qui utilisent un métier à bras, actionné par les mouvements des bras et des jambes, ont quitté le domaine de l’ordinaire pour produire de l’exceptionnel : reproduction d’étoffes anciennes, tissus rares et précieux, échantillonnage, prototypes, textiles artistiques destinés à l’habillement ou à l’ameublement. Tissant en moyenne quatre mètres d’étoffe par jour, le tisserand utilisant un métier manuel fait preuve d’une patience, d’une habileté, et d’une précision à nulles autres pareilles.