Céline Leu, Atelier Dynale, au salon Maison d'Exceptions 2/2

« En fait, nous essayons de dompter la matière. Appliquer une peinture, faire un joli dessin, c’est très bien, mais il ne faut pas oublier la matière en elle-même. C’est la raison pour laquelle, je parle souvent de domptage, parce qu’une matière va répondre d’une certaine manière à ce que nous voulons faire, au résultat que nous voulons obtenir. Soit que nous voulons obtenir ou que le client souhaite. Et ce n’est pas toujours évident.

Par contre, le parcours pour y arriver est souvent très intéressant. Par exemple, si on nous demande de travailler sur la transparence, en fonction de la matière sur laquelle nous travaillons, nous allons découvrir des effets très différents. La matière va aller dans le sens ou aller contre. Et aller contre, c’est aussi très intéressant, parce que nous allons trouver des accrocs qui vont nous permettre de rebondir et de créer de nouveaux échantillons ou des effets nouveaux.

Il y a toujours une grande frustration dans la recherche. Une recherche, en tant que telle, c’est toujours très long, car, qui dit recherche, dit développement. C’est toujours extrêmement long. Nous n’avons pas ce temps-là. Il faut donc être très réactif, arriver à trouver l’impossible et le rendre possible, ce qui est contradictoire. Et, dans ce petit temps, il y a des choses très intéressantes qui se passent, qui sont mises de côté pour ressortir ensuite, un peu comme dans la nature. Les graines poussent pour donner des fleurs. »