Gilles Lasbordes: La nouvelle géo-politique du manufacturing

gilles

Avec Première Vision Manufacturing et The Sourcing Connection, Première Vision réunit des confectionneurs du monde entier avec une sélection à la fois riche et exclusive. Comment effectuez-vous votre choix ?

Nous accueillons pour la prochaine édition de septembre quelque 240 exposants de ce métier, avec un taux de fidélité exceptionnel. Nous sommes, bien sûr, ouverts aux nouveaux venus qui participent à la vitalité de l’événement et signent l’évolution du marché. Notre démarche est simple. Les candidats envoient un dossier présentant le profil de leur entreprise (activité, structure, profil de clientèle…) ainsi qu’un échantillonnage de leur production. Notre comité – composé d’exposants, d’acheteurs et de représentants de Première Vision – évalue alors la pertinence des demandes et leur valeur ajoutée par rapport à l’offre globale du salon. Ces exposants viennent du monde entier, avec une représentation importante de la zone euro-méditerranéenne sur Première Vision Manufacturing et de l’Asie-Pacifique sur The Sourcing Connection.

Une attention toute particulière est portée sur les fabricants de cette dernière zone. En quoi consiste-t-elle ?

En effet, nous avons mis en place pour The Sourcing Connection, une sélection spécifique qui vise à auditer en amont les entreprises en provenance d’Asie-Pacifique. Nous collaborons pour cela avec Veritas, un bureau de certification qui enquête sur place sur la base de critères précis : conditions de production (qualité des usines, utilisation de produits dangereux) et conditions de travail (temps, rémunération, environnement, âge des salariés). Il s’agit d’un investissement important pour Première Vision mais celui-ci nous semble essentiel sur un plan éthique et responsable. Nous sommes aujourd’hui le seul salon à exiger ces critères de conformité et notre objectif est d’offrir une sélection plus courte mais plus pointue et plus sûre. Sur le plan de la qualité de production, ces exposants font également jeu égal avec les autres pays, mais se positionnent sur des séries de production plus grandes.

Comment évolue l’ensemble de ces marchés ?

Les importations asiatiques restent stables mais on constate, cette année encore, une légère baisse de la Chine -devenue plus chère en termes de main-d’œuvre – au profit de pays comme le Vietnam, le Pakistan ou le Bangladesh. La zone euro-méditerranéenne (avec Maurice et Madagascar) conserve également ses parts de marché mais on note une progression du Portugal et un essor net du Maroc. Ce constat tient au dynamisme de ces pays mais aussi à des questions géopolitiques, notamment une interrogation sur la stabilité de la Turquie.

Face à cela, quelles attentes observez-vous de la part des marques de mode ?

Elles sont de plus en plus diverses, en lien direct avec le positionnement stratégique de chaque maison. Certaines privilégient la flexibilité et une exigence de « time to market » très court, selon les réactions du marché. D’autres acceptent d’acheter moins cher mais plus loin. D’autres encore mêlent les deux exigences : une large production programmée et une forte réactivité sur quelques produits. Dans l’ensemble du secteur du luxe, la qualité demeure le critère clé avec une recherche grandissante de savoir-faire, de montages plus sophistiqués, de travail sur des matières plus complexes, et de fabrication de proximité.

> Découvrez en septembre l’offre complète de sourcing de fabrication de Première Vision Paris : un espace dédié à la confection Euromed et Océan Indien (Hall 6), une zone consacrée à la maille rectiligne (Hall 6), un espace qui met à l’honneur la confection en provenance d’Asie Pacifique (Hall 2) et une zone à destination des spécialistes de la fabrication de maroquinerie, chaussures et habillement (Hall 3).