Bilan Manufacturing Proximity

Retour sur l’expérience des confectionneurs de Manufacturing Proximity lors du dernier salon

Les exposants réunis sur Manufacturing Proximity sont venus mettre en avant la compétitivité de leurs prix, leur respect des délais et de nombreux standards de qualité. Ils ont montré aussi qu’ils innovaient comme l’entreprise roumaine Formens qui propose désormais Tech-tailoring. Soit un programme de fabrication de costumes natural stretch lavables en machine, confortables et infroissables. « La problématique du marché, actuellement, c’est qu’il faut à la fois proposer des prix et de la qualité. On doit investir pour améliorer notre productivité. Un lancement comme celui de Tech-tailoring illustre cette stratégie car tout est calculé au mieux en termes de fabrication », explique Osvaldo Pivano, du département commercial de Formens.

L’éco-responsabilité domine toujours la demande. « On nous réclame des tissus avec des fibres recyclées et nous avons mis en place, dans notre usine, un système de collectes des papiers et de déchets », indique Kahraman Ünalan au service ventes et marketing du groupe turc Yelkenci Tekstil qui emploie près de 550 personnes avec une fabrication moyenne de 100 costumes par jour. Comme les autres exposants, il est venu rencontrer de nouveaux donneurs d’ordres, quand son principal marché est celui de l’Angleterre avec des représentants comme John Lewis et House of Fraser.

L’évolution vers une mode plus casual continue de se confirmer. Chez les confectionneurs pour l’homme, vestes et pantalons en séparable sont plus recherchés que le costume business. Le groupe turc Gurmen Group peut répondre à cette attente. « Nous sommes très flexibles. Nous avons une usine pour du costume mais une autre pour des pièces plus souples », explique Yasemin Demirci, responsable des grands comptes.  Même chose pour le Marocain RL Italy qui confirme que le costume plus sport a la préférence chez ses clients. C’est une bonne chose pour ce fabricant installé à Casablanca qui travaille à 80 % avec des labels italiens recherchant ces coupes plus décontractées dont, par exemple, des vestes aux épaules naturelles.

La même envie de décontraction s’exprime dans le féminin chez Öztek, une société turque capable de prendre en charge la fabrication de tissus jusqu’à leur confection, teinture et impression. Le spécialiste en maille portugais Siena perçoit aussi cette demande de produits leisurewear et sportswear de la part de ses acheteurs qui s’étendent de Zara à Armani.

Côté business, l’ambiance du salon est un peu calme selon certains exposants. « Mais ceux qui sont ici sont vraiment là pour travailler. C’est du sérieux et c’est ce qui rend ce salon intéressant », observe Mourad Faroumi, en charge du marketing et du développement produit de RM Confection, une entreprise marocaine qui propose du jean et du chino avec comme références mises en avant aussi bien le groupe IKKS que le créateur Paul Smith. Certains comme RL Italy ont eu des annulations de rendez-vous, à cause de la tempête qui a perturbé les déplacements aériens. Le coronavirus est bien sûr dans les esprits. « C’est un problème car la Chine est quand même le moteur du monde, mais il est trop tôt pour savoir ce qu’il va se passer », juge avec prudence Osvaldo Pivano chez Formens.