Dans les coulisses de l’image printemps été 2020 de Première Vision

Studio KH : Kate Fichard & Hugo Deniau

Ils sont tous deux sortis de l’Ecal, la prestigieuse école d’art de Lausanne, travaillent désormais en duo et se revendiquent « image makers ». Ces fabricants d’images puissantes et à haut pouvoir symbolique sont à l’origine de la dernière image de Première Vision.

 

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Comment avez-vous pensé cette image ?

Baptisée « Trash », cette photographie fait partie de la série Scarecrows, un projet que nous avons mené en 2016 autour des épouvantails, après avoir découvert qu’ils avaient peu à peu disparu de nos paysages. Ils étaient là pour effrayer les oiseaux et ils ont été tristement remplacés par les pesticides. Nous avons appris à cette occasion que la France en était le troisième consommateur au monde et le premier en Europe. Nous avons eu envie de redonner vie à ces épouvantails pour en faire un symbole de protection du monde qui nous entoure. Une façon aussi de réveiller les consciences autour de cette réalité.

Dans quel esprit avez-vous imaginé ces créatures ?

L’épouvantail est censé susciter de la peur chez les animaux, en figurant une présence humaine. Nous sommes partis de cette définition pour réaliser ces personnages qui évoquent une certaine idée des nouvelles appréhensions contemporaines, en utilisant pour cela des objets, des matières et des couleurs liés à la pollution et aux agressions dont le monde est trop souvent victime.

Quel message avez-vous voulu transmettre ?

Nous avons réalisé cet épouvantail avec des sacs pour dénoncer la surconsommation et ses déchets dans le monde. Mais nous n’avons pas voulu apporter un message trop littéral. Pour cela, il était important de donner à cette créature une forme artistique, dérangeante et poétique à la fois. Ce personnage un peu naïf nous permet de nous engager, de parler de problèmes cruciaux pour notre avenir, mais de le faire de façon ludique et avec une vraie démarche esthétique.

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FORCE ET MYSTÈRE D’UNE IMAGE

Le choix de cette photographie témoigne parfaitement de la démarche de Première Vision ; la volonté de se démarquer des images de publicité classiques pour offrir un symbole fort ; inspirant, artistique, culturel. Tout ceci faisant évidemment écho à une mécanique propre à la mode, en termes de créativité et d’expression. Cette image, puisée dans l’iconographie du Studio KH, semble en correspondance parfaite avec l’esprit de la prochaine saison. De cette toile de fond poétique que représente ce champ, émerge une forme que chacun peut librement interpréter. L’atmosphère générale témoigne aussi d’une inquiétude sourde. Une inquiétude largement relayée par la mode qui multiplie les initiatives en termes d’éco-responsabilité. Et cet engagement est largement partagé par Première Vision qui s’impose plus que jamais comme un acteur-clé de cet univers, via ses différentes missions. Jouer un rôle de prescripteur en identifiant les grands courants de mode ; protéger la créativité ; se faire le relais des grandes questions qui interrogent la filière mais surtout apporter des solutions. Des éléments de réponse porteurs de sens et d’innovation.