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Les critères du programme ‘a better way’ #5 : Durabilité et fin de vie des produits


Catalyseur de connexions, d’échanges, et de découvertes, Première Vision est depuis près de 50 ans un hub de l’amont de la mode. Le salon s’engage à travers son nouveau programme ‘a better way’ à accompagner la transformation de la filière, en partageant des clés d’analyses des performances environnementales et sociales des exposants du salon.

La démarche s’articule en 5 critères : Initiatives sociales, Impact des sites de production, Traçabilité, Composition produits / procédé, et Durée et fin de vie du produit fini. 5 questions s’appliquent à chacune de ces thématiques afin d’attester de la robustesse de la gestion de ces sujets clés.

Découvrons ensemble aujourd’hui les caractéristiques couvertes par le pilier traitant de la durabilité et fin de vie des produits.


1. Recyclabilité / biodégradabilité / compostabilité

La recyclabilité est l’un des principaux leviers activés en fin de vie d’un produit. Elle s’envisage en deux possibilités, en boucle ouverte, revalorisation des matières à destination d’autres industries, par exemple en isolant phonique ou matériaux composites, ou en boucle fermée, permettant de refaire des fibres/nouveaux matériaux à partir de textiles de pré ou post consommation.

Afin de faciliter la recyclabilité de textile à textile, plusieurs bonnes pratiques de conception sont à prendre en compte. Opter pour une composition monomatière est un réel atout. Principal frein au recyclage, l’élasthanne est à limiter à 2% pour ne pas entraver le recyclage mécanique.

Lors d’un mélange matières, préférer un bi-matière de même typologie (laine + cachemire pour les fibres protéiniques / coton + lyocell pour les fibres cellulosiques). Eviter les étoffes complexes comme le jacquard, la maille jetée, les multicouches ; côté ennoblissement s’abstenir d’apprêts type anti- froissage, enduction, ou flocage.
Pour les cuirs, certains choix de tannage ou finissage peuvent améliorer la décomposition des peaux en fin de vie. Un cuir est considéré comme biodégradable lorsqu’il peut se décomposer, sous l’action d’organismes vivants, et sans effet nuisible pour l’environnement. Une peau brute est naturellement biodégradable. En revanche, un cuir, peau rendue imputrescible par différents traitements, ne l’est pas forcément. Au cours des étapes de transformation, certaines substances entrant dans le développement peuvent altérer ces caractéristiques.

Cette notion est encadrée par des critères standardisés spécifiques, où le temps et le seuil de biodégradabilité du produit, sa non-toxicité, et son absence de métaux lourds sont vérifiés. A noter que la communication sur la biodégradabilité est désormais interdite en France par la loi Agec sur un produit ou son emballage. Désormais certains développements vont jusqu’à attester d’une compostabilité des peaux signifiant qu’au terme de leur dégradation dans des conditions spécifiques, ces produits peuvent fournir un amendement améliorant la structure et la fertilité des sols. Il est nécessaire là aussi de réaliser des tests pour s’assurer de la conformité aux normes en vigueur.

2. Durabilité

Un des critères essentiels pour diminuer l’impact environnemental d’un produit, est de s’assurer de sa durabilité intrinsèque. En effet 1/3 des causes de renouvellement des vêtements est du à une piètre qualité des articles. A contrario, une bonne qualité permettra d’augmenter sa durée de vie et/ou de lui assurer une seconde vie grâce aux réseaux de seconde main.

De multiples tests physico-mécaniques, encadrés par des normes internationales dédiées, permettent de mesurer les forces ou faiblesses d’un matériau. Les principales vérifications s’effectuent sur la résistance des couleurs au frottement, à l’humidité ou la transpiration ; le boulochage, la résistance à la traction, à l’éclatement ou à l’abrasion. Sur produit fini d’autres tests seront à réaliser pour vérifier que le produit ne vrille ou ne rétrécit pas au lavage ou s’assurer de la solidité des composants tels que les zips, ou de la résistance des coutures.

3. Réemploi

Crise sanitaire, accélération des rythmes des collections et annulations de commandes, ont entrainé une augmentation des stocks. Des matériaux dormants, qualitatifs, restent sur les étagères. Ces dernières années ont vu l’émergence de plateformes de ces matières prêtes à être utilisées. Au lieu d’épuiser des ressources, plusieurs acteurs ont désormais développé des services pour mettre à disposition ces matières. Une façon de lutter contre le gaspillage avec des fournisseurs qui se libèrent de leurs stocks, et des marques qui peuvent avoir accès à des matières à prix réduits. Ainsi les collections naissent en commençant par le choix matière, pour ensuite définir le produit approprié.

Autre manière de valoriser l’existant, transformer les produits invendus ou de seconde main disponibles en les ennoblissant avec des broderies, impressions, surteintures pour leur donner un nouveau look. Dans la filière cuir pour s’inscrire dans une démarche zéro déchet, les chutes de production et sous-produits peuvent être valorisés. Des procédés se développent pour réemployer les déchets de cuir tanné au chrome, en transformant ces résidus solides en une solution liquide permettant un retannage sans ajout supplémentaire de chrome. Les chutes de production sont également de plus en plus fréquemment utilisées pour leur valorisation énergétique.

4. Production à la demande

La production à la demande permet de limiter les risques de stocks trop importants. Elle a aussi la vertu d’être plus efficiente en ressources puisque seul ce qui est commandé est produit. Elle nécessite une bonne agilité opérationnelle afin que les développements puissent être lancés dès la commande passée. Côté fabrication des vêtements, elle repose sur la réservation de capacités en atelier, garantissant au façonnier un volume de travail, seule la définition de l’article à réaliser peut changer selon l’évolution de la demande ou de l’écoulement de stocks. Passer du développement moyen terme à la production à la demande en temps réel permet ainsi d’être au plus près des besoins, afin de répondre à un marché de plus en plus volatile.

5. Systèmes collaboratifs

L’éco-responsabilité est affaire de collaboration. Fédérer différents acteurs est une opportunité pour partager les bonnes pratiques et être plus efficace. Conseiller sur les choix de composition à favoriser en vue de l’amélioration de la solidité d’une pièce ou de sa recyclabilité permet d’ancrer l’éco-conception comme moteur de partenariat. Le recyclage nécessite des minima de matières pour pouvoir lancer les opérations. Grâce à des systèmes de collecte en boutique les marques peuvent sensibiliser leurs clients à s’inscrire dans une démarche de recyclage, ou fournir leurs invendus afin que les recycleurs bénéficient de volumes assez conséquents de coton ou laine par exemple pour transformer ces vêtements en fibres de nouvelle génération.

Les sujets de diversité, d’équité et d’inclusion sont aussi examinés pour assurer le respect de la diversité de genre, raciale, liée à l’âge, au handicap ou à l’orientation sexuelle, la garantie d’égalité d’opportunités et de rémunérations pour tous, ainsi que l’absence de discrimination et de harcèlement sexuel. Socle essentiel d’une démarche responsable, les initiatives sociales sont accompagnées par des engagements environnementaux pour s’ancrer dans une transformation vertueuse.


Dernières étapes du cycle de vie d’un article, et cruciales pour sa circularité, la durabilité et fin de vie du produit doivent être prises en compte dès la conception afin d’effectuer les choix optimaux d’approvisionnement ou confection. Elles reposent également dans le partage d’informations auprès du consommateur pour l’accompagner dans l’entretien de ses vêtements ou le diriger vers les points d’apports volontaires pour sa 2ème vie ou recyclage.

Pour en savoir plus sur le programme ‘a better way’ et découvrir les 5 critères en détails :

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