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Le cuir, produit à haut potentiel écoresponsable !

Convaincu du haut potentiel éco responsable du cuir, Première Vision Leather poursuit son projet de définition d’un sourcing cuir écoresponsable, destiné à accompagner les acheteurs dans leurs recherches et à soutenir les démarches durables de nos exposants.

Après avoir évoqué le potentiel extrinsèquement circulaire du cuir né de la revalorisation d’un déchet et exploré les différents modes de tannages à la lumière de leurs impacts environnementaux, nous revenons à présent sur l’amont de la filière et cet élément crucial : la traçabilité des peaux.

Connaitre l’origine de la peau brute, les conditions d’élevage de l’animal et l’ensemble des étapes de transformation de la peau jusqu’aux produits finis est une nécessité pour pouvoir certifier qu’un cuir est écoresponsable.

Une demande de transparence partagée par le consommateur final, les acheteurs et les tanneurs pour qui c’est actuellement un des sujet d’investissement et d’innovation primordial.

Une provenance contrôlée : le défi de la traçabilité

©Ictyos Cuir Marin de France

Ictyos Cuir marin de France

Un grand nombre de tanneurs ont pris le parti de construire leur ADN autour de l’enjeu durable et d’une volonté affirmée de transparence dans les moyens de production et l’origine des matières.

C’est le cas d’Ictyos Cuir marin de France, jeune tannerie française, créée par un trio de jeunes entrepreneurs à Lyon en 2018.

Cette entreprise a développé un projet innovant fondé sur la valorisation d’un coproduit de l’industrie alimentaire jusque-là peu exploité : les peaux de poissons.

 

 

En s’entourant d’un réseau de partenaires, restaurateurs, fileteurs et pisciculteurs locaux et en priorisant les acteurs labellisations MSC * ou ASC *, ils contrôlent, sans intermédiaire leur chaine d’approvisionnement en peaux de saumon et d’esturgeons et s’inscrivent dans un écosystème vertueux.

Leur démarche intègre une réflexion globale sur l’ensemble de la chaine. Les procédés de production durables sont privilégiés : tannage végétal, réutilisation de l’eau, traitement et réutilisation des déchets pour approcher d’une empreinte écologique négative.

©Rial 1957

Rial 1957

Les tanneurs plus établis se sont également largement investis pour inscrire leur industrie dans une démarche écoresponsable en contrôlant et promouvant l’origine des peaux utilisées.

Pour exemple, la tannerie du Tarn, Rial 1957, spécialiste de la peau lainée, a toujours favorisé la variété des approvisionnements pour bénéficier des caractéristiques spécifiques liées aux types d’espèce. En effet l’origine d’un agneau mérinos, lacaune ou entrefino est déterminant pour inventer des développements créatifs et sublimer la pluralité et les singularités de leurs laines et de leurs peaux.

Aujourd’hui Rial 1957 affirme son engagement éco responsable en développant une gamme de produits appelée « Trace » à la fois Made in France et produite de façon durable. Les peaux lainées d’agneau mérinos sont originaire d’élevages français et le tannage végétal associé au choix de teintures naturelles sans métal garantie une démarche durable globale.

Pour généraliser cette communication transparente sur l’origine des peaux à l’ensemble des développements, des évolutions engageant l’ensemble du secteur sont nécessaires.

En effet, si en France et dans la majorité des pays européens, il est obligatoire de tracer la provenance de l’animal de l’élevage à l’abattoir, il était pour l‘heure difficile de conserver ces données sur les peaux brutes et le produit fini.

A l’abattoir les peaux sont récupérées par des négociants qui se chargent de sélectionner et de classer les peaux en lot. Un classement qualitatif, par taille qui avec les moyens actuels de marquage ne rend pas possible un traçage individuel de chaque peau.

Pour le tanneur il peut donc être difficile de connaitre l’origine exacte de la peau brute.

Comme le résume Jean-Christophe Muller, membre du conseil d’administration de la Fédération française de la tannerie mégisserie (FFTM) et patron des tanneries Haas :

« Sans connaître l’origine des peaux qui sont vendues par lots de différents pays, nous ne pouvons pas avancer. »  « Il y a deux enjeux, celui du bien-être animal, c’est-à-dire s’assurer que l’élevage et l’abattage ont été faits dans de bonnes conditions, et l’amélioration de la qualité. »

C’est avec cet objectif et à la demande des tanneurs français que le CTC* a testé et développé plusieurs solutions en contexte réel afin d’identifier celles à même de correspondre aux contraintes industrielles et aux rythmes des abattoirs.

La gravure par laser CO2 sur le collet de la peau d’un code (porté précédemment sur les boucles d’oreilles de l’animal) semble faire l’unanimité : le numéro gravé reste visible a l’œil nu tout au long des étapes de tannage jusqu’au cuir fini. Un système de lecteur du code, d’un coût abordable, permet de rentrer les données dans une base de données numériques et de retrouver toutes les informations de traçabilité.

Ce système est en cours d’installation chez de nombreuses tanneries françaises qui ont réussi le pari de mobiliser l’amont de la filière : éleveurs, abattoirs et négociants autour de ce projet.

Appelé au démarrage à permettre d’améliorer la qualité de la peau à chaque étape de transformation de la peau, il sera possible via ce système d’identifier et de remonter les informations vers l’éleveur et l’abatteur afin que tous puissent agir contre les causes de ces défauts :  griffures, parasites…Mais ce système permettra également d’obtenir des garanties répondants à la charte de bonne pratique établie par les tanneurs et les donneurs d’ordre. L’expansion de ce système devrait permettre aux marques de soutenir les élevages qui s’engagent pour le bien-être animal et pour le respect de l’environnement et la lutte contre la déforestation.

Le contrôle de la provenance devient un des outils de ce changement de paradigme. En effet, il donne le choix des conditions de production, d’élevage et d’agriculture. Il donne le choix du monde auquel le consommateur aspire. Mais cette question reste un véritable défi dans lequel tous les acteurs de la filière ont un rôle prépondérant à jouer au niveau international.

ASC * : Le ASC pour « Aquaculture Stewardship Council « est un label international créé en 2010 pour les poissons issus de l’aquaculture durable. Cette certification garantit que le poisson a été produit dans le respect de l’environnement et dans de bonnes conditions de travail.

MSC * : Le MSC pour « Marine Stewardship Council » est un label international crée en 2000 attestant que les produits de la mer ont été pêchés durablement, en respectant les stocks de poissons et les écosystèmes marins, en s’inscrivant dans un principe de durabilité et de respect de l’ environnement.

CTC * : Issu de la fusion entre un Comité Professionnel de Développement Economique (CPDE) et un centre technique industriel (CTI), CTC est l’organe technique pour l’ensemble de la filière cuir, chaussure, maroquinerie, ganterie et habillement. CTC est en charge d’une mission de service public au profit des industriels français de la filière cuir.

Pour en savoir + écoutez le podcast Smart Creation avec Benjamin Malatrait, Président et co-fondateur d’Ictyos, Cuir Marin de France ici

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