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La sélection de Tom Van Der Borght

Bienvenue dans le « Monde en Technicolour” de Tom Van Der Borght


« Je ne choisis jamais une seule chose. »

Pour sa 35° édition présidée par le créateur Jonathan Anderson, le jury Mode du Festival d’Hyères a récompensé la créativité et l’éco-responsabilité en primant la collection de Tom Van Der Borght.

Une collection qui a particulièrement séduit puisque le créateur belge a remporté le Grand Prix du Jury Première Vision ainsi que le Prix du public de la ville d’Hyères.

Partenaire du Festival depuis 2011, Première Vision a cette année encore soutenu la création en accompagnant les finalistes dans le développement et la réalisation de leur collection.  

 

Tom Van Der Borght
35th FIMAPH Festival International Mode Accessoires Photographie Hyères
Salins des Pesquiers
Friday 16 October5 October 2020
Hyères, France

“Tu peux les porter si tu oses les porter.” 

Voici comment Tom Van Der Borght qualifie les vêtements issus de sa collection développée pour le festival d’Hyères.

Colorée, joyeuse et décalée : la collection de Tom van der Borght joue sur les accumulations de matériaux upcyclés comme des cuirs de poissons ou encore des dentelles et broderies sourcées chez des producteurs de Première Vision Paris.

Une collection qui finalement lui ressemble. Car, Tom van der Borght est un touche à tout créatif aux talents éclectiques aux frontières entre l’art et la mode.

Pour sa collection, Tom Van Der Borght a ainsi collaboré avec les exposants Première Vision Paris : AMB Factory, Ecopel, Dani, Frizza, Hurel, Ictyos, L&T Caps, Luxury Jersey, Mackent Group, Manifattura Di Domodossola, M.I.T.I., Ventures.

C’est dans son studio de mode artistique, entre divers projets, mode, textile, graphisme, video, installation et scénographe, qu’il a pris le temps de nous parler de sa collection et de son travail avec les exposants de Première Vision Paris.

 

Tom, vos collections sont très inspirées de l’upcycling. Quel impact cela a-t-il sur votre façon de travailler et comment cela guide-t-il et affecte-t-il votre travail au quotidien ?

En fait, mon travail repose sur trois étapes pour aboutir à une démarche éco-responsable.

Je dirais que le point de départ de mon travail est le fait que je « suis » un petit studio. Mes créations se concentrent sur des pièces uniques et de très petites séries de production ; je souhaite créer des pièces de valeur. J’aime passer du temps sur tous les aspects de mes créations et je considère mon travail comme une œuvre d’art. J’aime l’idée de chérir une pièce … ce qui est tout le contraire de la fast fashion.

Pour moi, c’est la première étape pour être durable avant même l’upcycling car je crois vraiment que nous devons réduire les volumes de production.

Du côté des matériaux, j’aime beaucoup utiliser des matériaux en surplus et en surstock. Donc, l’une de mes premières questions aux fournisseurs de PV était de savoir s’ils disposaient de produits en surstock.

Ensuite, je suis toujours à la recherche de produits innovants pouvant offrir des solutions à la fois esthétiques et responsables. Avec d’autres sponsors, je m’implique davantage dans un processus de fabrication artisanale et une manière artisanale de produire du matériel…

C’était vraiment idéal de travailler comme ça pour moi parce que j’aime l’idée de travailler avec différents processus.

L’accumulation fait partie de mon travail. « Je ne choisis jamais une chose. »

Et aussi, je regarde toujours à la fois vers le passé et vers le futur.

 

Votre style reflète définitivement votre optimisme et votre engagement. Comment transmettez-vous cela dans vos collections ?

J’aime le fait que les gens considèrent mon travail comme optimiste. Le fait est que mes pièces sont liées à mes émotions et une partie de mon travail est de procurer des émotions aux gens. Pour moi la création est un genre de thérapie, ce qui est probablement la raison pour laquelle le résultat devient optimiste.

Réaliser une collection est pour moi une façon de gérer la vie, d’être optimiste.

J’ai travaillé en tant que travailleur social et je m’intéresse donc de près aux sujets sociaux et je suppose que ma propre vie personnelle influence ma volonté de lutter contre l’injustice. J’aime aussi l’idée d’interroger les gens sur leur normalité. Je dirais que c’est la plus grande ambition de mon travail. J’aime quand les gens s’interrogent sur ce qui est normal.

Je crois également que chaque crise est le meilleur moment pour un changement positif et je veux regarder vers l’avenir. Donc, je suppose que cette dernière collection est un moyen de surprendre les gens en cette période spéciale. J’aime l’idée que les gens se sentent libres et veulent sortir de leur cocon.

Parlez-nous des influences spécifiques qui ont marqué la collection que vous avez présentée au festival de Hyères ?

 La collection fait partie d’un plus grand projet artistique. Chaque collection représente pour moi beaucoup de recherches. Pour ce projet, je ne voulais pas utiliser un procédé classique comme la plupart des designers. Par exemple, je n’ai pas commencé avec un moodboard. Chaque collection est un morceau de moi, c’est comme un autoportrait et cela donne également différentes versions de moi-même.

J’ai d’autres influences. Je me passionne par exemple pour tout l’univers de Björk, la chanteuse islandaise. Elle est une source d’inspiration pour moi.

J’apprécie également l’univers de Charles Fréger, un photographe français travaillant sur les costumes tribaux à travers le monde. Je ressens un grand lien avec ses photos : les tribus font partie de mon imagination et restent une grande influence pour moi.

Ensuite, l’artiste d’art britannique Leigh Bowery représente une grande source d’inspiration. En utilisant des déguisements fantaisistes, il devient un moyen de lutter contre l’injustice. L’interprète brise toujours les limites de la capacité féminine / masculine ou de type corporel qui pourraient également faire partie de mes créations. Les sept looks que j’ai présentés à Hyères sont un mix des univers de ces trois artistes.

Pour créer cette collection, vous avez travaillé avec certains exposants de Première Vision Paris. Quel a été le processus derrière votre collaboration avec eux ? Comment décririez-vous votre expérience en général ?

Tout d’abord, j’ai écrit une large liste de matériaux qui m’intéressaient. Ensuite, j’ai eu le plaisir de discuter avec Pascaline Wilhelm, la directrice mode de Première Vision, qui était vraiment prête à m’aider et m’a donné de précieux conseils pour choisir les fournisseurs les plus adaptés pour construire la collection. Je n’avais pas beaucoup de temps à consacrer au salon, donc je n’ai visité que quelques fournisseurs et je leur ai envoyé des courriels. J’ai beaucoup utilisé les outils en ligne de PV pour m’aider. Ensuite, j’ai reçu la liste définitive de PV. J’ai été très agréablement surpris d’avoir autant de réactions positives de leur part.

J’ai collaboré différemment avec chacun d’eux et je dois dire que pour ce projet, c’était vraiment spécial. J’ai une histoire personnelle à raconter pour chaque collaboration.

Le fournisseur Dani, spécialisé dans le cuir, m’a donné deux pièces de cuir directement sur le salon et j’ai promis de faire un beau sac avec les pièces, ce que j’ai fait.

Ecopel, spécialisée dans la fausse fourrure fabriquée à partir de matériaux innovants, s’est vraiment intéressée à ma façon de penser upcycling et m’a donné quelques stocks restants juste après le salon. Cela évolue maintenant vers une collaboration avec eux dans la mesure où je crée des graphismes qu’ils produiront pour leur fourrure. Les graphismes sont inspirés de la collection que j’ai créée à partir des stocks restants.

J’ai sélectionné des échantillons de Ventures mais avec la crise, le matériau a du être changé, donc c’était un processus très détaillé pour décider comment traduire les dessins. C’était super beau.

Mackent Group a imprimé beaucoup de graphismes sur leur merveilleux matériel.

Je dirais que le sujet principal de ces collaborations est que j’ai développé une vraie relation personnelle avec chacun d’eux en partageant mes inspirations.

 

Pour quelles raisons spécifiques avez-vous choisi les fournisseurs avec lesquels vous avez collaboré ?

Ma décision est vraiment liée à ma façon de travailler et à mon processus de conception.

En tant que designer, je n’ai pas l’habitude de faire des croquis préliminaires. Comme dans ma vie personnelle, mon travail est très spontané et organique, parfois même impulsif. C’est un univers complet et je les ai choisis parce que je savais que chacun d’eux pouvait m’aider à construire une partie de l’univers en rassemblant chaque élément. C’était pour moi une belle opportunité de mélanger les univers. C’était important pour moi d’épouser deux univers. Enfant de la fin des années 80-90 j’ai grandi avec le sportswear, le streetwear mais je voulais aussi construire une collection influencée par la Haute-Couture et le Luxe.

Ainsi, en travaillant avec des fournisseurs de PV, j’ai pu choisir en fonction de leurs spécialités. Les produits de Luxury jersey et MITI m’ont donné l’opportunité d’utiliser un jersey de qualité supérieure avec une touche de luxe.

Hurel, un fournisseur français de haute qualité, spécialisé dans les tissus Haute-Couture, m’a fourni des pièces en surstock qui ont créé un mélange intéressant.

Quand j’ai commencé à travailler avec L & T caps, ils ont même proposé de travailler avec moi pour concevoir l’identité complète de la marque, des étiquettes aux tags de ma propre collection : une collaboration super fantastique.

Chaque partenaire avec qui j’ai travaillé m’a donné l’opportunité de traduire ma collection et de proposer des pièces plus commerciales et portables, valorisant mon travail.

Au début du partenariat, je pensais que la crise qui venait de commencer rendrait le travail avec eux problématique mais en fait c’était une réelle opportunité et ils ont tous décidé de soutenir la création et ont été motivés pour m’aider encore plus fort.

Vos créations expriment toutes une vision intéressante du volume, en commençant souvent par des éléments extrêmement petits. Pouvez-vous nous parler des composants que vous aimez utiliser ?

La superposition est en effet la base de tout ce que je fais. Les textures sont très importantes pour moi et je les considère comme des éléments spéciaux.

Par exemple, j’ai beaucoup aimé travailler avec Ictyos leather, une petite tannerie française. C’est une entreprise incroyable qui produit du cuir à partir de peau de poisson destinée à l’origine à être jetée et le processus de tannage est également responsable, car il est sans métal. Les limitations sont quelque chose que j’aime dans mon travail et les produits de la tannerie sont particulièrement adaptés à la conception de petits produits. Je les ai utilisés pour créer un sac avec un patchwork graphique pour un projet spécial avec Chloé. Le saumon est une peau particulièrement fine et flexible, très agréable à travailler. J’ai également eu l’opportunité de travailler avec du cuir d’esturgeon qui est un cuir très rare, luxueux et assez épais, mais j’ai utilisé une technique spéciale pour le rendre flexible et je l’ai utilisé sur la collection pour Hyères.

J’ai tout de suite été attiré par les produits de Manifattura Di Domodossola et ils m’ont envoyé un grand catalogue où je pouvais choisir des cordons élastiques… J’ai sélectionné des pièces au métrage limité qui sont devenues des éléments des sacs. Il m’a offert une très belle matière de base avec laquelle j’ai aimé jouer.

J’ai construit une relation très spéciale avec eux tous et les sponsors apprécient tous que j’aie réalisé avec leurs produits quelque chose de différent de ce qu’ils voient normalement.

Je voudrais également remercier Supima. En tant que partenaire du festival, ils m’ont fourni des tissus en coton blanc très luxueux et qualitatifs: denim blanc et tee-shirt qui m’ont servi de base de broderie et aussi de base sur laquelle imprimer un flock ou un flex print découpé à la main.

 

Vos créations ont aussi tendance à révéler des choix chromatiques forts, elles sont assez multicolores. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre choix de couleurs pour cette collection ?

Mon choix de couleurs fortes et audacieuses est probablement lié à mon histoire personnelle. Enfant, un examen médical à l’école a révélé que je suis daltonien. Ironiquement, le médecin m’a même dit en plaisantant: « Ne vous inquiétez pas, ce n’est pas un problème, vous ne pourrez juste pas être un créateur de mode. » Je vois certaines nuances différemment et cela influence mes choix.

 

Cette spécificité est probablement la raison pour laquelle j’ai choisi des couleurs très contrastées. Mais de manière amusante pour cette collection, les couleurs les plus marquantes sont le blanc et le noir. Elles sont toujours la base de l’histoire des couleurs que je construis, comme le cadre d’où viennent les couleurs.

 

Le mixage fait également partie de votre démarche créative. Pouvez-vous nous donner une sélection de produits sur la Marketplace que vous trouveriez particulièrement intéressants de combiner ou avec lesquels vous souhaiteriez travailler dans vos prochaines collections.

Mandarin Enterprises (International) Co., Ltd.En savoir + sur le produit

Oxilla – Manifattura di DomodossolaEn savoir + sur le produit

Frizza S.P.A.En savoir + sur le produit

MACKENT GROUPEn savoir + sur le produit

 

RICAMIFICIO PAOLO ITALYEn savoir + sur le produit

 

 

 

Labels & ThingsEn savoir + sur le produit

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