Lexique textile : Tissus casual wear
Les tissus que l’on range sous l’appellation « casual » sont ceux que l’on utilise pour le vestiaire décontracté et informel qui a fini par définir un style à part entière.
Histoire
Il puise son origine dans ce que l’on appelle « american way of life », accompagnant l’essor de la classe moyenne à partir des années 50, et se caractérise par l’abandon de tout formalisme et de spécialisation professionnelle, sociale ou de genre.
Il apparaît dans le sillage du « sportswear », né à la fin du 19ème siècle qui privilégie le confort et la liberté de mouvement. Il puise ses modèles dans le workwear et le vêtement militaire de terrain pour les mêmes raisons.
A partir des années 60, le monde entier est conquis par ce style venu d’outre Atlantique, tout auréolé du prestige dont bénéficie l’Amérique à cette époque. L’avènement du casual accompagne les changements sociétaux profonds portés par les baby-boomers et les contre-cultures. Aujourd’hui, le casual est fondu dans l’absolue normalité universelle qu’on appelle « lifestyle ».
Composition
Le vestiaire casual est avant tout accessible, confortable et facile à vivre. Les matières doivent donc répondre à ces critères.
Cultivé aux Etats-Unis (premier exportateur mondial), berceau du casual, le coton, qui est également peu coûteux, solide et d’entretien facile, est par excellence la fibre consacrée.
- Le polyester bien que lui aussi pratique et bon marché, n’apparaît que de façon discrète dans le casual, et le plus souvent en mélange avec le coton auquel il apporte une meilleure rapidité de séchage et une bonne résistance.
- Les mélanges avec l’élasthanne sont fréquents pour la liberté de mouvement que cette fibre permet.
- Le lyocell s’est imposé comme alternative valable au coton dont la production est écologiquement préoccupante. Il supporte les délavages, apporte un tomber très différent du coton, et très reconnaissable par sa fluidité et sa nervosité.
- Le lin, en 100% ou en mélange, bénéficie d’une bonne image environnementale et d’une allure authentique et décontractée conforme aux attentes du casual, mais il est plus onéreux.
- Le chanvre, en 100% ou en mélange, est utilisé pour les mêmes raisons que le lin, avec une allure plus rustique.
Liste des tissus casual wear
Denim
Voir notre article : Lexique denim
Histoire : le denim tient son nom de la ville de Nîmes. Cette ville s’est fait au fil de l’histoire une réputation de fabrication textile bon marché. La « toile de Nîmes » est fabriquée selon une méthode bien connue depuis le 17ème siècle pour économiser du colorant. Seuls les fils de chaînes sont teints, et par le jeu de l’armure sergée 3 lie 1, le tissu présente une teinte unie et profonde sur l’endroit où la chaîne domine, et une teinte beaucoup plus pâle sur l’envers où la trame écrue domine. Cette astuce est involontairement à l’origine d’un des plus grands succès textiles contemporains : le jean délavé.
Description technique : tissu sergé 3 lie 1 avec fils de chaîne indigo et fils de trame écrus.
Caractéristiques : robuste et compact, conçu à l’origine pour résister à l’usure. Depuis les années 80 et les débuts du délavage artificiel, l’accent est mis sur la mise au point de colorants adaptés aux divers types de délavage.
Destination produits : jean et ses dérivés.
Gabardine
Histoire : tissu breveté en 1888 par Thomas Burberry, qui cherchait un tissu aussi résistant à la pluie que les capes de berger, mais plus souple et plus léger. Le mot « gabardine » d’origine arabe, désigne un vêtement protecteur qui a été donné notamment « cape » et « caban ». Ce tissu a fait ses preuves aussi bien dans les expéditions polaires du début du 20ème siècle, que dans les tranchées de la guerre de 14, sous la forme du très célèbre trenchcoat.
Description technique : tissu sergé à diagonale très marquée et très plongeante, combinant contexture élevée et forte torsion des fils. Une construction hydrofuge parfois complétée d’un apprêt déperlant.
Caractéristiques : réalisée en coton, la gabardine prend un aspect plus froissable et informel.
Destination produits : trench, autocoat, pantalon, veste.
Moleskine
Histoire : créé au 17ème siècle, ce tissu est destiné au vêtement de travail pour remplacer le cuir. Son nom est une francisation de « mole skin », peau de taupe en anglais. La moleskine anglaise est plus veloutée que la moleskine française qui est plus lustrée.
Description technique : satin de coton serré, dense et lourd avec deux systèmes de fils de chaîne dont l’un forme la surface satinée, qui est émerisée (moleskine anglaise) ou enduite (moleskine française).
Caractéristiques : compact, lisse, épais, peu respirant, résistant à la déchirure et aux tiraillements.
Destination produits : pantalon, veste à poches, blouson, vêtement de travail.
Satin de coton
Histoire : l’armure satin est originaire de Chine, berceau de la soie. Cette armure confère un certain lustre aux tissus. Le satin de coton est utilisé depuis très longtemps dans des applications très diverses, tantôt pour son lustre, tantôt pour sa densité, tantôt pour sa douceur. Dans les années 1980/90, il fait une apparition dans le treillis militaire S-300 en mélange coton polyester, dense et compact, censé apporter une protection en cas d’attaque biologique.
Description technique : tissu de coton d’armure satin.
Caractéristiques : luisant, lisse et doux, effet poudré quand il est délavé.
Destination produits : pantalon chino, treillis militaire.
Coton duck
Histoire : ce nom vient du néerlandais « doek » signifiant tissu. La Hollande s’est illustrée au 17ème siècle pour la qualité de ses textiles. Le cotton duck est à l’origine en chanvre ou en lin, et destiné à la confection de voiles de navire. Il est utilisé par la suite pour la confection de vêtement de travail.
Description technique : variante de l’armure reps, tissu très serré et lourd.
Caractéristiques : coupe-vent, très résistant aux accrocs, à l’usure et à la déchirure.
Destination produits : veste de travail, pantalon, salopette.
Drill
Histoire : le mot vient du latin « trilix » (trois fils) qui a donné « treillis », vêtement militaire, apprécié pour sa robustesse.
Description technique : tissu de coton sergé 3 lie 1 à contexture élevée, fils épais et diagonale bien marquée.
Caractéristiques : épais, solide, dense.
Destination produits : pantalon, jean, veste à poches, vêtement de travail.
Velours côtelé
Histoire : appelé « corduroy » ou « cord velvet » en anglais, le velours côtelé fait son apparition au 18ème siècle. Les mots « cord » en anglais et « côte » en français expriment l’aspect visuel de ce velours particulier.
Description technique : tissu constitué d’une toile de fond, et d’une trame supplémentaire qui forme des flottés lâches au-dessus alignés en sens chaîne. Après tissage, les flottés sont fendus en sens chaîne, puis brossés, formant un velours côtelé. Plus les flottés sont longs, plus les côtes sont larges et le poil haut.
Caractéristiques : velours à côtes verticales, plus ou moins larges, doux et chaud.
Destination produits : pantalon, costume, robe, veste, voire chemise selon le poids.
Coton huilé ou Wax
Histoire : la recherche de techniques d’imperméabilisation du coton a donné lieu à plusieurs réalisations, jusqu’à l’invention des matières synthétiques. Au 18ème siècle en Angleterre, la Royal Navy adopte la toile de coton imprégnée d’huile de lin. En 1823, le chimiste écossais Macintosh invente une méthode pour fixer le caoutchouc sur la toile baptisée Mackintosh. En 1894, British Millerain dépose son premier modèle en coton imprégné d’huile et de cire. En 1898, le néo-zélandais Edward le Roy invente le « oilskin », toile de voile peinte avec de l’huile de lin et de la cire. Aujourd’hui, il n’y a plus de cire dans les produits que nous continuons à appeler « cirés », du nom que lui a donné Guy Cotten, inventeur du vêtement nautique en polyester enduit de PVC. Le coton huilé n’a cependant jamais perdu sa place dans l’oudoor, et connaît même un regain d’intérêt aujourd’hui y compris dans le sport, en tant qu’alternative potentiellement moins polluante face au tout synthétique.
Description technique : toile de coton imprégnée d’huile et de cire.
Caractéristiques : imperméable, cassant, froid au toucher. Traitement non permanent mais rechargeable.
Destination produits : vêtements outdoor, veste de chasse.
Bâchette
Histoire : ce nom est un néologisme formé sur « bâche », qui désigne d’abord un vêtement avant de se spécialiser dans l’usage des toiles de tentes, de caravanes, de camions etc. solides, lourdes et imperméables. Le mot bâchette est affecté aux tissus ressemblant aux toiles de tentes mais adaptées à l’habillement.
Description technique : tissu d’armure toile à forte contexture.
Caractéristiques : solide, cassant, rigide, identique à l’envers et à l’endroit.
Destination produits : veste à poches, pantalon, trench.
Panama
Histoire : ce tissu fait référence aux chapeaux de paille de Panama, réputés pour le raffinement de leurs tressages, auxquels ressemblent les armures nattées.
Description technique : tissu d’armure nattée, identique à l’envers et à l’endroit, passage d’embu facilité par ce type d’armure.
Caractéristiques : armure bien visible, tissu souple et léger ou plus ferme et lourd en fonction de la contexture.
Destination produits : chemise, veste, pantalon ou robe selon le poids du tissu.
Coutil
Histoire : le coutil tire son nom du tissu dont on recouvrait les matelas dans tout le monde latin jusqu’au Moyen-Orient (en Français il est apparenté à coussin, courtepointe et couette). Il pouvait être précieux ou commun, mais toujours solide et serré.
Description technique : tissu sergé, croisé ou chevron, en coton 100% ou mélange coton-lin ou coton-chanvre, uni ou rayé, à contexture élevée, avec chaîne en fils retors et trame en fil simple ou retors.
Caractéristiques : résistance élevée à l’usure et à la traction.
Destination produits : vêtement de travail, salopette, pantalon, veste à poches, veste outdoor.
