Parley for the Ocean x adidas : le design à l’œuvre.

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Compte rendu du Smart Talk du 20 septembre 2018 pendant Première Vision Paris. Parley for the oceans. Purpose in the new luxury / Alexandre Taylor

La collaboration entre l’organisation de protection des océans Parley et l’équipementier adidas illustre le rôle décisif confié au design dans la production éco responsable.

En 2015 le designer industriel Alexander Taylor est sollicité par la direction d’adidas pour livrer la première paire de chaussure de sport issue du recyclage des déchets plastiques tirés du littoral par le réseau Parley.  A Première Vision Paris le designer revient sur cette expérience phare. Le challenge qui lui est proposé est ambitieux. Mettre au point un prototype en à peine huit jours que Parley et adidas  présenteront comme concrétisation de leur partenariat à la conférence sur le climat des Nations Unies.

Ce qu’on attend de lui ? Sa capacité à créer des produits hors des standards en place dans les supply chain. « C’est ce que j’avais fait lors de ma première collaboration avec Adidas en 2007 pour la fabrication d’une chaussure performante. » Importer des savoir-faire issus d’autres industries, échanger avec toutes les parties prenantes, concevoir de nouveaux matériaux. Parley lui ouvre son large réseau de collaboration et de connaissance depuis la collecte des déchets plastiques, l’industrie, la chimie des matériaux. Dans un schéma habituel, le design puise dans les matières abondantes développées par les industries, sélectionne les colles et assemblent. « En travaillant sur ce projet d’Adidas retient Alexander j’ai été encouragé à repenser toutes les étapes de conception et à étendre considérablement le champ des collaborations. »

Tandis qu’un laboratoire de chimie de Boston affine au moyen d’un process d’extrusion maison le nylon 6 tiré du filet de pêche livré depuis l’Afrique à La Rochelle, lui et son équipe londonienne actualisent chaque jour leur maquette jusqu’à la mise au point final du prototype. Le produit est exposé à la date convenue à New York. Pour adidas c’est le début de l’exploitation à grande échelle de ces déchets plastiques dont la marque a tiré depuis des millions de t-shirts, de paires chaussures et d’accessoires.

De cette histoire, le designer retient que cet engagement pour la planète est crucial et peut être conduit pas à pas au gré des opportunités et des projets. La recyclabilité de ces produits est un prochain challenge. Il sait que la démarche va à contre courant. « Il faut lever les résistances conclut -il en et la présenter comme un investissement de long terme et compter aussi sur les nouvelles générations de consommateurs qui seront davantage engagées ».