Le cuir, une matière intrinsèquement circulaire !

Les demains de la mode seront écoresponsables ou ne seront pas.
Un enjeu pour le cuir qui, associé à des questions de bien-être animal ou à des impacts environnementaux médiatisés, se mobilise pour affirmer sa place dans un avenir vertueux pour la mode.


Première Vision Leather s’engage pour soutenir l’émergence de ce futur responsable pour le cuir et vous accompagner en créant un « Guide du sourcing écoresponsable du cuir» sur les prochaines éditions. Cela exige d’abord de reposer les fondamentaux sur le cuir, sa fabrication et ses impacts.
Ce premier volet -calendrier septembre 2020- est ainsi dédié à l’amont de la filière, l’origine et les caractéristiques intrinsèques de la matière cuir.

Notez que notre propos se concentre ici sur le cuir coproduit de l’élevage bovin, ovin et caprin, qui constitue 99% de la filière.

-Un matériau naturel technologique et durable

Issu d’une matière première naturelle, il est paradoxalement technologique et performant. Par nature résistant, imputrescible, il est aussi respirant. Versatile, il allie souplesse, structure et élasticité ce qui en fait un matériau unique et inimitable.

Les innovations de l’industrie de la tannerie l’ont aussi rendu déperlant, lavable en machine, imprimable, parfumé, extensible, ultra léger et continuent d’en étendre les possibilités.

© FFTM  Metropolitan Influence

Retrouver dans d’autres matières des caractéristiques du cuir impose de superposer des innovations technologiques complexes, qui usent souvent de ressources non renouvelables et de procédés énergivores, alors qu’elles sont inhérentes au cuir.

Mais de ses multiples compétences, la plus décisive et sous-estimée est sa durabilité. Elle permet de compenser sur la durée les impacts négatifs occasionnés lors de sa fabrication. Le bilan environnemental d’un matériau doit se mesurer à l’aune de son cycle de vie complet.

Un potentiel intrinsèquement circulaire  
Un autre facteur de circularité du cuir vient du fait qu’il valorise un déchet en une ressource utile et belle. Sans consommation de viande, il n’y a pas de cuir : c’est un coproduit issu à 99% de l’élevage de bétail. Sans cuir, il faudrait en revanche mettre en décharge ou incinérer la totalité des plus de 7 millions de tonnes de peaux générées par an(2) par la consommation de bœuf, ce qui a un coût économique, énergétique et environnemental important.

Un écosystème complexe

Être un coproduit de la viande place le cuir au cœur d’un écosystème d’interdépendances complexes autour de l’industrie agroalimentaire.

L’abattage du bétail produit de la viande et des coproduits (peau, sang, cornes, os, viscères, suif, tendons …), appelés « le 5ème quartier ». Ils sont entièrement transformés par les filières pharmaceutique, cosmétique, des fertilisants, de l’alimentation pour animaux domestiques, des biocarburants, de la gélatine alimentaire, de l’oléo chimie et la tannerie.

Or dans cette répartition, il faut savoir que la peau représente à peine 8% de la valeur économique de l’animal, et l’éleveur n’en est généralement pas le bénéficiaire.

Comprendre les impacts environnementaux du cuir nécessite dès lors une approche transversale et globale, considérant toutes les parties prenantes, dont le secteur de l’élevage. 

Les impacts environnementaux liés à l’élevage et la bientraitance animale

Quel est l’impact environnemental du cuir lié à l’élevage ? Malheureusement, pas de réponse simple, sous peine d’être simpliste. Tout dépend du contexte : les impacts environnementaux sont à relativiser en fonction du type d’animal, des lieux et modes d’élevage, et des règlementations locales les régissant.

Similairement, conditions d’élevage et réglementations affectent directement le bien-être animal. Un partage de la valeur des peaux plus au profit des éleveurs pourrait favoriser ce dernier, car un animal bien traité de sa naissance à son abattage produit un cuir de qualité supérieure, et plus rémunérateur.

Les services rendus par l’élevage & la filière cuir

L’élevage rend des services sociaux, environnementaux et culturels importants qui sont moins bien pris en compte que ses effets négatifs.

© FFTM  Metropolitan Influence

Au-delà de l’élevage, la filière cuir offre elle aussi des services économiques, sociaux et culturels positifs significatifs. Elle est pourvoyeuse de valeur économique, d’emplois, notamment au sein de petites entreprises ancrées territorialement, et de savoir-faire patrimoniaux et artisanaux.

Rien qu’en France, elle représente 9 400 entreprises, dont plus de 80% de PME et de TPE, 130 000 emplois et 25 milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont 12 milliards à l’exportation(3). (sinon = 189 signes).

Né de la revalorisation d’un déchet, matière performante et durable, le cuir a un potentiel intrinsèquement circulaire, lorsqu’il est fabriqué de manière responsable. A l’amont de sa filière, il participe indirectement aux impacts liés à l’élevage, pour lesquels le contexte particulier est déterminant. Confirmer ce potentiel circulaire signifie relever le défi de la traçabilité du cuir. Ce sera le sujet de notre prochain édito : restez connectés !