Nous vivons une période de changement très excitante

Finaliste du prix LVMH 2019, Spencer Phipps ce natif de San Francisco passé par la Parsons School of Design de New York, est aujourd’hui l’un des créateurs les plus engagés dans une réflexion écologique avec PHIPPS, son propre label.

Aussi responsable que désirable.

Vous avez été élu en 2008 « designer de l’année » pour votre collection de fin d’études qui se voulait, déjà, une exploration dans une mode durable. Pourquoi ce choix ?

J’avais, à l’époque, entendu parler d’éco-responsabilité mais jamais dans l’univers de la mode. J’ai voulu comprendre comment cette exigence pouvait s’appliquer au vêtement. J’ai passé un long moment à chercher des matières dans de petites exploitations qui produisaient du chanvre, de la laine, des cuirs naturels. Ce n’était pas aussi facile de trouver des matières naturelles qu’aujourd’hui !

Quand avez-vous commencé à vous intéresser à l’écologie ? Durant votre enfance déjà, lorsque vous viviez à San Francisco ?

Je pense que oui. Cela a toujours fait partie de ma vie.

Après avoir travaillé durant 10 ans pour Marc Jacobs et Dries Van Noten, vous avez décidé de créer votre label en 2018. Quels sont les fondamentaux de votre marque ?

L’essentiel est autour de la nature, et la célébration d’une communauté pour qui elle est importante. Je m’inspire de personnages liés, de près ou de loin, à la nature ; des images que je réinterprète dans un contexte contemporain à travers un graphisme particulier, des proportions plus neuves et plus modernes. Et dans chaque cas, mon équipe et moi nous posons la même question. Dans quel but avons-nous créé cela ? Cela correspond-il à un besoin ? Est-ce que ce vêtement va apporter quelque chose à la personne qui va le porter ? Et bien sûr, nous faisons de notre mieux pour produire les vêtements les plus responsables en termes d’environnement… /…

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…/… Comment avez-vous organisé votre chaine de production pour répondre à ces impératifs ?

Nos matières premières sont naturelles ou recyclées, biodégradables… Nous utilisons des packaging éco-friendly, nous collaborons avec des partenaires qui répondent à une liste de critères concernant le recyclage, le traitement des eaux… Nous restons vigilants sur notre empreinte carbone en produisant aussi local que possible. Et nous soutenons des initiatives telles que 1% For The Planet à qui nous reversons une partie de nos revenus. Etre éco-responsable n’est pas seulement une intention, nous essayons tous les jours de faire mieux.

Pouvez-vous nous parler de votre dernière collection « Like a rock » ?

Nous avons travaillé sur l’idée de la géologie, en nous inspirant de la façon dont elle a influencé la culture moderne, depuis la ruée vers l’or jusqu’à une spiritualité très new age.

Vous avez récemment dit que l’écologie était le luxe moderne…

Je pense que dans un monde où la fast fashion est encore très présente, c’est un privilège de pouvoir s’offrir un vêtement de bonne qualité et produit dans un vrai respect pour l’environnement. Mais la tendance est, heureusement, à cela et nous assistons d’ailleurs à un mouvement semblable dans le domaine de la gastronomie.

Êtes-vous optimiste quant au futur de la mode ?

Absolument, je pense que nous vivons une période très excitante de changement. Pas vous ?

©Phipps

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Sur le salon, retrouvez Smart Creation (Hall 3), l’espace dédié à la création responsable et à l’innovation qui réunit :

  • Une sélection d’acteurs engagés en matière de développement durable et des spécialistes de la Fashion Tech.
  • Un index de produits éco-responsables et innovants.
  • Des prises de parole autour des enjeux de la mode de demain.
  • Une exposition autour du thème du biomimétisme.