Avons-nous besoin de (vrais) vêtements ?

Lors du dernier salon, Première Vision a organisé un talk en partenariat avec Vogue Business : “Avons-nous besoin de (vrais) vêtements ?”

Avec Maghan McDowell, rédactrice innovation de Vogue Business. Kerry Murphy, fondateur de The Fabricant, maison de Design digital. Morten Grubak — Directeur créatif exécutif de Virtue (Vice Group).Lisa Bridgett — Directrice marketing et commerciale de Drest, le jeu qui permet d’essayer des vêtements de luxe. Anne-Christine Polet —Vice-présidente du Digital chez PVH (Tommy Hilfiger)

Ce panel a examiné la promesse du design numérique de réduire le gaspillage et d’offrir une  » mode rapide  » qui gagne à la fois sur les médias sociaux et la responsabilité sociale.

Voici les cinq idées à retenir

Les consommateurs achètent des articles numériques que seule leur photo peut porter

De la robe de haute couture virtuelle à 9 500 dollars vendue par la marque The Fabricant, spécialiste du vêtement 100 % digital, aux habits purement numériques commercialisés par Virtue et assortis de l’avertissement « vous ne recevrez pas de version physique de cet article », en passant par la gamme streetwear de la marque norvégienne Carlings, désormais en rupture de stock, les vêtements conçus pour une vie exclusivement numérique sont d’ores et déjà une réalité.

La mode digitale comme vecteur de réduction de la surconsommation

Carlings a aussi imaginé The Last Statement, un t-shirt capable d’arborer des dizaines de messages grâce aux filtres en réalité augmentée d’Instagram. Un excellent moyen de lutter contre le phénomène de surconsommation alimenté par les réseaux sociaux. En effet, « beaucoup de gens n’achètent des vêtements que pour les porter sur les photos qu’ils publient sur Instagram », explique Morten Grubak.

Le digital voué à changer le monde du design et à réduire la production de déchets

PVH, qui a déjà amorcé une transformation de son processus de création pour passer au tout digital à l’horizon 2022, prévoit par la suite de vendre en ligne ses préproductions afin de réduire le décalage entre offre et demande. Drest, le jeu qui permet d’entrer dans la peau d’un créateur de mode et d’essayer les produits de 160 marques de luxes que l’on peut ensuite acheter — pour de vrai — sur Farfetch, voit également son avenir dans le prototypage, qui donne aux marques la possibilité d’éprouver la popularité des pièces de leur collection auprès des joueurs.

La confection numérique se fait ultraréaliste

« Il faut que la styliste explique au designer 3D qu’il doit retoucher cette partie pour que le motif en tulle ait l’apparence qu’elle avait en tête, » explique Murphy, de The Fabricant, dont l’expérience du graphisme complète parfaitement la formation mode de la directrice créative Amber Slooten pour donner naissance à des photos au rendu ultraréaliste — une condition sine qua non à la démocratisation de la mode digitale. Drest personnalise les packshots en haute définition de chaque article en les photographiant sur au moins 8 types de morphologies, et prévoit de permettre bientôt aux joueurs de créer des avatars à leur image.

Écoles de mode, usines, agences de mannequins : aperçu du futur digital

Une agence de mannequins qui numérise ses 500 modèles, des écoles de mode qui proposent des spécialisations en design digital… l’avenir digital s’écrit dès maintenant. Côté manufacture, PVH a incité son Académie de couture à nouer une collaboration avec plusieurs usines pour généraliser l’usage de la 3D et obtenir un package numérique chaque fois qu’elle achète un tissu. Alors que les concepteurs de solutions technologiques investissent dans la réalité augmentée, la capacité du digital à s’inviter dans le réel — comme des lentilles de contact dotées d’une fonction réalité augmentée — va dépendre d’eux. Dans un futur nettement plus lointain, The Fabricant ambitionne de permettre aux consommateurs de télécharger une tenue intégralement digitale pour les accompagner, quelles que soient les circonstances.

Retrouvez les autres compte-rendu des conférences Première Vision dans notre rubrique programmation.