Bilan Marché février 19 : Manufacturing Proximity

Le niveau très haut des stocks dans les enseignes de mode européennes pousse les marques à baisser leurs volumes de commande et cela joue en faveur d’un approvisionnement de proximité.

 

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Manufacturing Proximity

Les confectionneurs de la zone Euro Méditerranée, réunis sur Manufacturing Proximity, l’ont vérifié sur l’édition de février. En tant qu’acteurs du circuit court, ils peuvent réagir rapidement aux tendances et livrer des petits volumes dans des délais courts, à savoir dès que les stocks vont commencer à baisser dans les boutiques. « Il y a un retour au court terme car cela permet aux donneurs d’ordres de s’engager moins à l’avance sur des budgets et de disposer de plus de réactivité », traduit Sophie Lesieur, consultante en fast-fashion et dirigeante de See by U, installé en Tunisie.

Cette  stratégie est actuellement nécessaire car « le marché de la mode est sous tension », relève Zakaria Ghattas, le directeur commercial et marketing du marocain Blue Fingers, spécialisé dans le denim. « En France, par exemple, nos clients nous demandent de les aider à passer ce cap difficile, accentué par les manifestations à répétition des gilets jaunes », signale Hakim Hamdouch, le directeur de l’entreprise marocaine Dounitex.

Ailleurs, ce sont les incertitudes liées au Brexit qui sont avancées pour expliquer la nécessité de commander moins et dans des délais courts.

Dans ce contexte, ces sous-traitants anticipent qu’il va leur falloir réviser leurs quantités de commande minimales pour satisfaire leurs clients. Chez Blue Fingers, on est ainsi prêt à honorer des demandes de 200 à 500 pièces. « C’est un service que ne peut pas proposer le grand export qui est axé sur des économies de volumes, et accaparé par des gros faiseurs comme Zara. Mais pour les marques qui n’ont pas les mêmes moyens, proposer des collections courtes permet de réagir vite », observe Zakaria Ghattas.

Pour le sourcing de proximité, c’est en effet plus que jamais la mode qui dicte les recherches. « Sur le long terme, il n’y a plus de prise de risque. C’est du basique. Le prix dicte tous les choix. Pour preuve, actuellement un tissu polyester se négocie au même tarif que de la viscose », analyse Sophie Lesieur (See by U). Cette différence d’approche n’empêche pas le prix de jouer sur le court terme. Et là chaque pays met en avant ses atouts. Chez Dounitex, on avance la proximité du Maroc pour les livraisons de petites séries. Même chose avec la Tunisie, d’autant plus que le dinar est en baisse, signale-t-on chez TFH. La Bulgarie aussi veut montrer qu’elle est compétitive. « Le transport est facilité, il n’y a pas de douane. Et on peut livrer en une semaine », argumente Radina Bankova, la dirigeante de Kris Fashion Industries qui fait partie d’un cluster de fabricants bulgares présents pour la première fois sur Manufacturing Proximity. Et quand les prix sont trop élevés, on cherche des solutions comme chez le portugais R. Lobo où l’on peut simplifier les coupes et le nombre de coutures pour rééquilibrer les coûts et s’aligner sur la concurrence. L’innovation est également une façon de faire la différence. Le turc Gurmen Group mettait en avant sur le salon ses pantalons et vestes avec ceintures chauffantes. Une preuve supplémentaire que proximité rime avant tout avec créativité.

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