Maroquinerie et chaussure : « Susciter sans cesse de nouveaux désirs »

Jennifer Cuvillier, « Susciter sans cesse de nouveaux désirs »

Le secteur connaît une progression qui ne se dément pas mais également une constante transformation. Quelles sont les évolutions à venir et comment les maisons peuvent-elles peaufiner leur stratégie ? Les réponses avec Jennifer Cuvillier, directrice du bureau de style du Bon Marché.

1/ Comment expliquez-vous cet engouement pour les accessoires ?

Le phénomène tient largement à l’attitude des créateurs qui les ont placés au cœur même de leur processus de création. Aujourd’hui, les accessoires n’ont rien d’accessoire : ils donnent une direction de style, racontent une silhouette, transmettent un vrai message de mode. Et ils sont omniprésents dans les défilés, ce qui décuple encore leur désirabilité. Pour les marques, ils constituent de fait un enjeu stratégique et celles–ci n’hésitent pas à investir de façon importante pour s’imposer sur le marché.   

2/ Ce secteur progresse mais se transforme également. De quelle façon ?

Aujourd’hui, les typologies de produits évoluent très rapidement. En matière de souliers, la tendance est aux talons plats, avec le sacre des sneakers mais également des sandales, version luxe ou sport. Côté sacs, l’heure est à la bipolarité, mini ou taille XXL. Dans tous les cas, l’évolution de la création est dictée par une même nécessité : créer la surprise et susciter le désir.

3/ Quels conseils donneriez vous aujourd’hui à une société dans ce secteur ?

De nombreuses maisons souhaitent se lancer dans l’aventure et celle-ci peut se révéler très profitable. Mais attention, le succès n’est pas assuré et passe par l’élaboration d’une stratégie très aboutie. La marque doit préserver ses codes mais aussi apporter une vraie valeur ajoutée, créer une voix différente pour se démarquer dans un univers compétitif. Il faut pour cela bâtir une stratégie de long terme. Et accepter de prendre son temps.

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4/ On parle beaucoup d’une décélération inévitable. Partagez–vous ce point de vue et quel serait l’antidote au déclin annoncé ?

Je ne crois pas au déclin car les habitudes sont prises. En revanche, je pense que cet univers est condamné à se transformer sans cesse. Depuis 2/3 ans, sa croissance est largement portée par l’essor de la personnalisation. Au Bon Marché, nous avons inauguré deux corners dans cet esprit, plébiscités par les consommateurs. Le premier propose tous types de service ; le second baptisé « c’est moi qui l’ai fait au BM » permet à nos clients de réaliser eux-mêmes la personnalisation d’une pièce dans nos ateliers. Par ailleurs, nous invitons régulièrement des artistes qui customisent certains produits afin de répondre d’une façon encore différente au Graal du moment : le désir de rareté et de singularité. 

En février prochain, retrouvez notre parcours complet Bag & Shoe pour composer vos collections de maroquinerie et chaussures : un forum dédié, 300 tanneurs, 300 fabricants d’accessoires, une programmation de conférences et workshops produit/marché/mode et un espace consacré à la fabrication. Hall 3 & 4