L’erreur positive

L’automne hiver 21-22 se projette vers un futur rempli de promesses de solutions innovantes et de surprises. Il s’appuie sur l’expérimentation, le faire et la recherche qui ouvre cette porte merveilleuse de l’incertitude de résultats immédiats. Des tâtonnements qui impliquent la réflexion, l’hésitation et l’échec, duquel naîtra peut-être le succès. La saison de l’automne hiver 21-22 développe cette notion avec subtilité et enthousiasme, en gage d’amélioration et de durabilité.

Rebondir sur l’erreur, le raté, l’accident ou le non-conforme impulse une attitude positive et perméable à l’inattendu, au non-imaginé porteur de création, comme un fruit délicieux d’une vision favorable de l’erreur. Une démarche que les scientifiques et chimistes connaissent bien, et qui, à l’image de Mr Mas Subramian*, qui a découvert quasiment par hasard, une nouvelle couleur : un bleu extraordinaire, inorganique et fantastique (* lire l’article complet en bas de page) résonne dans l’esprit de tout créateur comme un exemple formidable.

Célébrer le résultat du non-prévu et savourer la beauté de l’imperfection et de l’irrégularité, fait entrevoir de nouveaux horizons de création. Dans une période où le verre et la lumière des écrans s’imposent, les aspérités se poncent jusqu’à en être parfois bannies.
La quête de la perfection et la recherche du zéro défaut, depuis le début de l’industrialisation, ont engendré une uniformisation des matières, des fils, des structures et des formes de vêtements.
Les langages visuels ont souvent été lissés, les écritures graphiques standardisées, les images caricaturées parfois jusqu’au nivèlement des messages et des prises de risques esthétiques.

De cette vague de fond, en balancier salvateur et déterminé, émergent l’attrait de l’artisanat et du fait main, la sensibilité du vivant et de ses reliefs, ses creux et ses bosses quotidiennes, sa poésie exceptionnelle du temps.
L’agilité de ce mouvement donne à voir et à réaliser des avancées concrètes et fructueuses sur les tissus et les cuirs, étiquettes et boutons, bijoux et vêtements.
La matière vivante, l’altération, l’érosion ou le grain deviennent sources de développements visuels et tactiles.
Ils valorisent le non standard et trouvent des solutions industrielles pour créer des particularités sensibles, des défauts imaginaires, des veines d’exception.

L’usure naturelle caractérise le passage du temps et rend les matières éloquentes et mémorables pour signer les silhouettes d’aspects vécus, de visuels inégaux et de touchers accrocheurs.
Les textures accidentées, reliefs aléatoires, accrocs intermittents sont autant de possibles différenciations et montrent une réalité modeste et sans fard.

Dans la couleur, la subtilité des modulations des teintes cache parfois des savoir-faire virtuoses. Impressions, enductions, lavages et délavages viennent caresser les surfaces et leur donner un relief sensible, des luminosités mystérieuses ou des caractères rudes. Elle vient s’appliquer par endroit, souligne la courbe du corps, éclaire le bas des manches ou décore les cols comme des bijoux. Les ombres et lignes dessinent en monochromes fusés, des traces d’objets disparus ou des esquisses maladroites et charmantes.

Une ode au temps et à la force de la transformation de la nature, met en avant les porosités et la fossilisation du bois en pierre par exemple, pour créer des roches et cailloux aux textures et couleurs incroyablement riches en diversité et en graphismes. Des minéraux imaginaires où les métallisations s’éteignent partiellement, les patines, oxydations et corrosions assourdissent la brillance en de subtils éclats.

Des imperfections sensibles qui font l’éloge du non standard, de la préciosité des matériaux et mettent en lumière un besoin formidable de matérialité et de personnalisation sensible.

* Mr Mas Subramian : l’article ici