Bilan salon Leather – Février 2018

Une ambiance constructive. Des acheteurs ouverts et engagés. Un penchant pour la fantaisie de belle qualité. Voilà les trois points forts que les exposants de Leather mettent en avant dans leur bilan de Salon. «Bien qu’irrégulière au cours des trois jours, la fréquentation a été plus soutenue qu’il y a six mois et très diversifiée. Nous avons rencontré beaucoup d’Européens mais également des acheteurs d’Australie, de Chine, du Japon, de Pologne», se réjouit Teresa Braga de Best Brasil. Pour elle, les acheteurs aspirent à être « surpris », « bousculés » dans leur attentes, et entendent s’engager sur de « nouvelles pistes artistiques ». Des envies qu’elle illustre notamment avec son best seller du Salon: «une vachette imprimée on-hair, dévorée, colorée et métallisée. » Au Brésil, le prix des peaux de vache a légèrement baissé, ce qui favorise ses affaires.

A contrario, les tanneurs de l’Hexagone font face à une augmentation des prix de la matière première concernant le veau français. « Cette hausse de la peau brute de veau avoisine 10% depuis 2017 », confirme-t-on sur le stand des Tanneries Haas. Une évolution qui s’expliquerait par la raréfaction des très belles peaux et une recrudescence de peaux veinées peu compatibles avec les exigences des grandes Maisons. Le luxe est l’un des marchés les plus dynamiques et plus porteurs pour les tanneries et mégisseries européennes haut de gamme. Au Salon, les Tanneries Roux, Hass, la Mégisserie Richard, Opéra ou encore la Mégisserie de la Molière confirment un climat d’affaires « très favorable » et des échanges constructifs avec toutes les grandes marques de luxe entrevues ici. « On assiste à une montée en gamme des collections et à un changement des relations clients-fournisseurs. Aujourd’hui, ils viennent chercher un cuir mais aussi un partage de compétences techniques, des solutions précises, pour un meilleur rendement par exemple», confirme François Roques, président de la Mégisserie de la Molière.

Actuellement, les laboratoires R&D des acteurs de la filière concentrent leurs efforts sur la problématique du chrome. Avec un double objectif. D’une part, enclencher une démarche durable, souhaitée par les marques haut de gamme et luxe. D’autre part, pallier l’éventuel problème de certaines mutations des pigments minéraux engendrées par le temps ou des expositions à la lumière. Des alternatives aux sels de chrome émergent. Les tanins végétaux, à base de feuilles, de racines, d’écorces d’arbres (chêne, mimosa, châtaigner, quebracho, etc.) regagnent du terrain. Le tunisien TMM note un intérêt croissant pour sa ligne Free Metal : « la prise de conscience environnementale est sérieuse. Les marques sont prêtes aujourd’hui à mettre plus cher – de l’ordre de 30 à 40% – pour des produits respectueux de la planète », assure Hatem Chargui, le responsable commercial. Si certaines solutions existent déjà, les recherches s’intensifient pour trouver des solutions satisfaisantes pour tous les segments de marché. « Il s’agit d’une quête intelligente qui ouvre de belles perspectives », conclut Marc Deyber, le directeur commercial des Tanneries Haas.

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