Bilan salon Fabrics – Février 2018

A l’image de la mode lumineuse de l’été 2019 présentée au Salon Fabrics, le climat d’affaires gagne en clarté et confirme des temps plus cléments. Dans les allées, une douce énergie circule. Les acheteurs internationaux se montrent positifs, posés et déterminés : « ils sont concentrés et efficaces dans leur sélection», résume-t-on sur le stand japonais Maruwa. Les exposants apprécient l’acuité mode des visiteurs: « c’est un public de « première catégorie » qui identifie en un clin d’oeil les pièces les plus raffinées, comme ces plissés délicats », note Franck Abolo, le directeur marketing de Hang Gang Lace. Chez Colombo (draperie italienne haut de gamme), cela ne fait plus aucun doute : « l’horizon s’éclaircit en Europe depuis 18 mois. Les marchés retrouvent de la vigueur, l’optimisme revient, les directions stylistiques sont engagées et un virage net vers une montée en gamme a été amorcé », observe Andrea Rossi, tout en présentant le nouveau « cachemire 4.0 » ultra léger qui s’arrache ici, à Paris. Cette nouveauté luxueuse devrait à son tour contribuer à la croissance (+30% sur la saison d’hiver) du chiffre d’affaires de l’entreprise escompté en 2018 à 95 millions d’€.

DF1_5100

DF1_6101

Avec les chiffres, le moral remonte. Le Groupe italien Emmetex décrit cet hiver une ambiance plus « relax » au Salon avec « des clients qui achètent mieux et opèrent un net retour à la qualité». Le marché des changes, dominé par un dollar fort, semble favoriser les affaires. Pour Eser Özgül, le directeur commercial de la société turque Guldogan, « les exportations progressent avec des demandes plus marquées en provenance des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de l’Allemagne. » Sur l’échiquier mode technique, l’Allemagne avance ses pions avec dextérité. «Les confectionneurs allemands fondent sur nos produits les plus innovants : le nylon recyclé ultra-light sans fluoroplastiques (pfc free) par exemple ou la toile nylon hydrofuge (wr) traitée au sel (salt shrinking) », explique Kouiju Takata, le directeur de la section tissage du groupe japonais Itochu.

Les marchés de niche, portés par la technicité, inspirent les visiteurs. Chez Balas Textile l’innovation Willskin -un tissu anti-moustique respectueux de la santé et de l’environnement- suscite grand intérêt. «Le produit insecticide est intégré à l’intérieur des fibres. Ce sont, précisément, ces mises au point technologiques intelligentes qui attirent aujourd’hui les marques », constate Olivier Balas, le président. Des marques qui ont pris la vague verte au passage : « Les polyesters sont appréciés recyclés et la demande enfle pour des polyamides réutilisés. La mode est en quête de sens. » Un avis partagé par le spécialiste de l’impression Ratti dont la collection responsable, lancée en 2017, attire l’attention des grands du luxe. « Les Maisons suivent l’élargissement de la gamme écologique, complétée cette saison par le lin et le chanvre, aux côtés du coton, du lyocell ou encore de la soie ». Cette dernière qualité donne toutefois du fil à retordre au secteur soyeux. Le prix de la soie a fortement grimpé ces dernièrs mois. « Le kilo, proposé il y a un an à 50€, coûtait en septembre dernier 70€ et vaut ce mois-ci 85€ », s’inquiète Bruno Denis, le président de Denis & Fils. La montée en gamme des marques pourrait avoir des limites.

Découvrez la liste complète des exposants Fabrics ici.

PREMIERE VISION FABRICS