Bilan salon Designs – Février 2018

Proposer le bon dessin au bon moment pour, ensuite, le vendre au bon prix. C’est le défi que doivent relever chaque saison les exposants de Première Vision Designs alors que le marché de la mode est de plus en plus complexe à appréhender.

Pas facile en effet de s’y retrouver quand les saisons sont de moins en moins marquées, les tendances de plus en plus nombreuses et que les nouveaux rythmes de la mode imposent aux marques de renouveler leurs collections plus rapidement… Enfin, si l’on ajoute à cela une cliente finale souvent indécise et, en Europe notamment, en proie à des choix budgétaires – une petite robe à fleurs ou un dvd ? – tout cela dresse un inventaire des multiples critères que doivent prendre en compte les studios de dessins au moment de créer un motif.

« Si nos clients sont difficiles avec nous, c’est parce que les consommateurs sont devenus imprévisibles. Ainsi, hier, les femmes s’habillaient d’une certaine façon, selon leur âge, leur catégorie sociale. Aujourd’hui, elles sont difficiles à cerner. Du coup, les marques hésitent. De la même façon, les saisons sont moins marquées. On ne cherche plus, pour une collection estivale, un dessin qui évoque l’été. Et c’est la même chose en hiver… L’autre élément à prendre en compte tient au fait que les femmes veulent désormais garder un vêtement plus longtemps. Dès lors, il ne faut pas que le dessin soit trop marqué par une tendance »,  constate Irène Morgan, directrice artistique du studio de dessins londonien Owens & Kim. Résultat : « Les marques ne savent plus ce que veulent leurs clientes, alors elles achètent moins de dessins et surtout limitent les risques », observe Jeremy Somers qui dirige le studio anglais Circleline.

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Face à cette indécision et complexité du marché, les délais à tenir sont de plus en plus courts pour les dessinateurs quand leurs collections doivent proposer un maximum de tendances – florales, végétales, graphiques, figuratives… – afin d’être prêtes à répondre à toutes sortes de demandes.

En tout début de chaîne, les dessinateurs ne peuvent pas faire autrement que de se plier à ces exigences du marché. « Nous sommes tributaires de la bonne santé de nos clients. S’ils travaillent bien, nous travaillons bien. Mais s’ils vendent moins, ils nous achètent moins de dessins… C’est pourquoi la distribution est le nerf de la guerre », analyse Stéphane Vernet, le Pdg du studio français Créations Robert Vernet.

Cette distribution qui est perçue comme vieillissante dans certains pays européens, notamment la France, a déplacé le cœur des affaires vers d’autres régions du monde. « Le marché européen achète moins de dessins depuis la crise économique. Aujourd’hui, ce sont les marques asiatiques qui nous réclament de la création », constate Fernando Catalan, du studio espagnol Alicia Villodres. Le ressenti est identique même chez les « gros » acteurs du secteur comme le Londonien Jack Jones Design où « les affaires marchent très bien » avec les confectionneurs chinois qui réclament des dessins faciles à porter pour leurs marques nationales.

Evidement, comme partout, il y a des exceptions à la règle. Notamment pour ce qui concerne le haut de gamme de la mode. Là, les Français Antoinette et Freddy sont attendus justement pour proposer des motifs que l’on ne retrouvera pas ailleurs. Et en dehors des tendances.

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