Bilan salon Manufacturing – Février 2018

Ce qui a changé pour les fabricants, façonniers et confectionneurs réunis sur Première Vision Manufacturing ? Sourcer les tissus, développer des idées, proposer des collections clef en main, et même imprimer les étiquettes au nom des marques… « Nous devons être capable de tout faire », résument nombre d’exposants. Une tendance de fond dans le moyen de gamme, qui prend le pas sur la sous-traitrance et la cotraitance. Même si les clients du haut de gamme continue à élaborer leurs collections et à sélectionner eux-mêmes leurs matières premières.

Cette évolution repose sur différents facteurs. « Il y a de plus en plus de concurrences et pour faire la différence, il nous faut apporter des services innovants. Cela nous aide à rester sur les rangs », remarque Sanem Kavaklioglu de l’entreprise turque Larmatex. Même stratégie pour Jalil Rais, le directeur général de l’entreprise marocaine Marisa, spécialisée dans la confection jeanswear. Car, selon lui, mettre en avant des délais de livraison plus courts n’est plus forcément un argument. « L’Asie aussi livre rapidement », appuie-t-il.

L’indécision de la consommatrice européenne rend également les prises de commandes plus délicates. Tout comme la météo, imprévisible, qui complique (voire annule) les réassorts, tandis que les quantités commandées continuent de diminuer. « Chez certaines marques en phase de lancement, les demandes sont similaires en quantité à celles des échantillonnages que nous font les grands groupes avec lesquels nous travaillons… c’est dommage mais c’est une tendance du marché », observe Daniela Xavier, directrice du marketing pour l’espagnol Fermir.

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La pression sur les prix est également extrêmement forte. Selon Simonas Gedzius, Pdg de LTM Garments, les prix ne pourront pas être toujours tirés vers le bas… D’autant qu’il constate que dans son pays, la Lituanie, la main d’oeuvre se fait de plus en plus difficile à trouver en raison des trop bas salaires. Et ce phénomène s’étend à d’autres régions, dont celles du bassin méditerranéen. 

Chaque pays cherche dès lors à trouver des solutions. Pour la Maroc, la proximité avec l’Europe est un atout pour les petites séries et le circuit court. Pour les façonniers de l’Ile Maurice, les accords commerciaux préférentiels avec les Etats-Unis et l’Europe sont un plus. « Nous nous concentrons également sur le luxe et le vêtement technique. Et nous misons sur les pays d’Afrique dont la demande de confection se développe », observe Nitish Gobin, de l’agence de promotion Enterprise Mauritius.

Du coté du Portugal, on est également très positif. « Beaucoup de nos clients qui étaient partis sont revenus car ils apprécient nos services. Le Portugal a par ailleurs réalisé des investissements importants, les infrastructures routières sont meilleures… Nous sommes redevenus compétitifs et notre stabilité politique rassure », détaille José Carlos Rodrigues, le directeur d’Unilopes. En se spécialisant sur un créneau de niche – le sans couture et la cosméto textile -, Karim Rejeb Sfar, le Pdg de New Body Line est également satisfait. Même si comme ses confrères, il note l’évolution de son métier. « La concurrence est partout, alors il faut savoir se différencier ! ».

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