Plumassier, un métier de panache

De tout temps les plumes exercent leur fascination sur l’homme. Légères, iridescentes et versatiles, quelles que soient les cultures, elles accompagnent rituels chamaniques et représentations religieuses : pour les peuples amérindiens, Sioux ou Cheyennes, la plume d’aigle est symbole de paix, pour les Incas, elle représente l’énergie d’élévation et pour les catholiques au Moyen-âge, la plume de paon promet la résurrection.

À partir de la Renaissance, la plume d’oie fait office de stylo tandis que celle de l’autruche offre tout son panache aux coiffes de la noblesse et de la haute bourgeoisie jusqu’à devenir emblème de mode à la fin du 18ème siècle. Avec la démocratisation du style, la plumasserie – particulièrement utilisée pour la création d’ornements de coiffes – connaît un développement graduel jusqu’à atteindre son plein essor entre 1890 et 1930. Son usage s’étend alors à la confection de robes et de nombreux costumes de music-hall qui accompagnent la danse et prolongent les mouvements du corps.

Paris, épicentre international de la haute couture, compte à cette époque plusieurs centaines d’ateliers. C’est l’abandon du port du chapeau dans les années 1960 qui verra péricliter cette industrie. La Maison Lemarié, initialement fondée en 1880 et reprise en 1996 par le groupe Chanel, incarne l’héritage traditionnel et l’âge d’or des plumassiers parisiens. Les techniques classiques de la plumasserie sont très complexes et nécessitent un grand travail de préparation des plumes : dégraissage, lavage, teinture, soufrage, dressage à la vapeur et frisage. La Maison Lemarié travaille aujourd’hui essentiellement les plumes d’espèces non protégées telles que le coq, le faisan ou l’autruche.

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Lemarie2011DA-050 - copieMaison Lemarié

Formé aux côtés d’André Lemarié, héritier de la maison éponyme – nommé parmi les 20 premiers Maîtres d’art français lors de la création du titre par le Ministère de la culture en 1994 – Eric Charles-Donatien prolonge aujourd’hui l’enseignement des techniques classiques de la plumasserie par des traitements de surface et l’hybridation avec d’autres matériaux tels que le métal. Depuis la création de son propre atelier en 2010, virtuose de la matière plume, il la transforme pour la sublimer. Dorée à l’or fin, vernissée à la manière d’une terre cuite, mêlée au métal finement martelé… En véritable sculpteur, il crée le volume, forge les formes, pour donner vie à de véritables trompe-l’oeil qui tantôt transmutent la plume sous l’apparence de la fourrure ou du pelage, tantôt la transforme en véritable chef d’œuvre d’ébénisterie.

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ECharles-Donatien-Crillon-©JYT-IMG_1975-HDEric  Charles Donatien Crillon ©JYT

Architecte de la plume, Janaïna Milheiro quant à elle met en œuvre une approche constructiviste de la plume suite à une formation textile spécialisée dans le tissage. Depuis la fondation de son atelier en 2011, elle joue des couleurs et des surfaces pour agencer les compositions géométriques les plus variées. Plumes biseautées, découpes acérées, formations de maillages délicats et graphiques… sa technique rigoureuse, qui se rapproche de celles des diamantaires ou des joailliers, s’appuie sur la taille et l’assemblage

Atelier_JanainaMilheiro05Atelier Janaina Milheiro

Atelier_JanainaMilheiro01Atelier Janaina Milheiro

Au travers de la diversité du travail de ces trois ateliers, la 8ème édition de Maison d’Exceptions met à l’honneur la grande variété des techniques contemporaines qu’offre la plumasserie tant aux domaines de la haute couture et du prêt-à-porter de luxe qu’à ceux de l’horlogerie-joaillerie ou de l’architecture d’intérieur.

Maison d’Exception est l’espace dédié aux savoir-faire et techniques rares et même uniques. En savoir plus 

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MAISON D’EXCEPTIONS – HALL 3