Norlha, le yak éthique et chic

Kim Sciaki Yeshi, anthropologue franco-américaine, était intimement convaincue de la noblesse du khullu, ce duvet enfoui sous la toison des yaks leur permettant de survivre aux températures des hauts plateaux tibétains qui atteignent aisément les -30°C. En 2005, elle envoie donc ses enfants, Dechen et Genam, en repérage dans la préfecture autonome tibétaine du Gannan, en Chine : ils en reviendront, un an plus tard, avec une tonne de laine de yak brute qui sera lavée, filée puis tissée. Kim a entre les mains un produit d’exception, à la fois sacrément chaud et délicieusement suave, à la hauteur de son intuition.
C’est alors que commence l’aventure Norlha. Pour exploiter le khullu localement et permettre aux nomades autochtones de trouver du travail au cœur de leur village, sans avoir à parcourir inlassablement les chemins des alpages pour subvenir à leurs besoins, Kim crée en 2007 l’atelier Norlha au Gannan, dans le village de Ritoma. Les métiers à tisser en bois sont achetés au Népal, les volontaires sont envoyés en formation au Cambodge et au Népal, des experts assurent une formation sur place pendant six mois, introduisant des techniques innovantes de filage et de tissage venues d’Inde et du Népal. Le khullu est acheté chaque année au mois de mai à des réseaux de nomades possédant leurs troupeaux : Norlha n’achète que la plus belle des laines, celle qui tombe de l’animal alors âgé de deux ans.
Norlha emploie aujourd’hui 80 personnes dans son atelier de Ritoma et permet ainsi aux nomades, et notamment à la nouvelle génération, de gagner leur vie tout en demeurant auprès des leurs, au sein de leur communauté. L’atelier réussit l’exploit de développer l’économie et les richesses d’une région pauvre et d’accroître la liberté de la population, tout en fournissant un produit – étoffes, châles, écharpes, tricots – luxueux et élégant au diapason des désirs des grands noms de la mode occidentale.
Norlha scarf
www.norlha.fr