Micha Deridder, artiste plasticienne, au salon Maison d'Exceptions 2/2

« Je m’appelle Micha Deridder. J’ai fait des études de mode à la Cambre en Belgique pour être créatrice/styliste. Je suis actuellement sur un projet que j’ai appelé le projet des valises et qui était un peu, à un moment donné, une espèce de bilan de ce que j’avais fait. Je suis donc partie sur l’idée de la valise. A partir de là, j’ai voulu visiter un pays sous l’angle textile.

Je suis partie au Japon avec la première valise. Je suis d’ailleurs en train de travailler dessus. Nous sommes allés voir des fabricants textiles au Japon, voir comment ils travaillent. Nous avons découvert des hommes qui fabriquent des choses. Souvent, de toutes petites entreprises qui font partie de très grosses entreprises. On part toujours du plus petit pour aller au plus grand. On a l’impression que c’est énorme et que l’on ne peut pas rentrer. Et puis, d’un coup, les portes s’ouvrent et on découvre comment sont fabriquées les choses.

Nous avons rencontré, par exemple, une personne qui fabriquait des cravates. Mais, les cravates se portent de moins en moins. La question est de savoir comment on va évoluer, comment on va fabriquer autre chose sur des métiers à tisser qui servent à fabriquer des cravates. Au final, comment cette technique va glisser vers autre chose qui sera plus adapté à ce que l’on vit aujourd’hui ? Tous, ils m’ont donné des tissus. Nous sommes revenus avec plein de tissus.

En ce moment, je fabrique la valise Japon que je vais aller montrer à Kyoto. C’est le reflet à la fois des émotions et des impressions ressenties lors de ce séjour japonais. De tout ce que j’ai vécu là-bas et bien entendu des matières et de la manière dont je me les approprie. Cela me fait très peur, j’appréhende leurs réactions. »