Les Trésors Nationaux Vivants du Japon

Au sortir de la Deuxième Guerre Mondiale, le Japon entame une reconstruction bien à lui : parallèlement à l’essor industriel, teinté d’innovations technologiques et de modernisation, le pays, conscient de la richesse de son artisanat, prend des mesures pour le préserver et le mettre en avant. C’est ainsi que sont créés, dans les années 1950, les « Trésors Nationaux Vivants », version nippone d’une Légion d’Honneur qui serait destinée à la reconnaissance d’un patrimoine immatériel, d’un ensemble d’arts et de savoir-faire d’exception se transmettant oralement, voire physiquement.
Dans un pays où la distinction entre arts majeurs et mineurs est une ineptie, ces Trésors qualifient des artisans et artistes « Détenteurs de Biens Culturels Intangibles » issus de domaines aussi variés que le théâtre, les arts martiaux, la musique, la céramique, la laque, le bois… Parmi la centaine de maîtres d’art décorés de cette appellation, nombre officient dans le domaine du textile : Fukumi Shimura et sa teinture naturelle de la soie, Hyoji Kitagawa et ses brocarts depuis dix-huit générations, Kunihiko Moriguchi, disciple de Balthus, et sa pratique du yuzen, Yasuo Nakajima et la teinture indigo pratiquée dans sa famille depuis le 19ème siècle…
Tous ces savoir-faire ont en commun une excellence dans leur exécution, des techniques préservées et affinées avec le temps, et une habile conjugaison de l’histoire et de la modernité hissant ces traditions ancestrales et patrimoniales au rang de potentiels outils de développement et de rayonnement de l’archipel nippon à l’international.