La Dentellière

Pour son plus petit tableau, que d’aucuns qualifient de plus grand chef-d’œuvre de l’histoire de la peinture, Johannes Vermeer prend pour sujet une dentellière.
Son modèle, travaillant son ouvrage à l’aide d’épingles, de fils, et de fuseaux, semble se laisser observer, concentrée, dans son univers quotidien que cette activité teinte de vertu et de moralité. Comme nombre de dames de toutes les époques et de toutes les générations, cette jeune femme, peinte au 17ème siècle, pratique la dentelle comme un loisir.
Mais la dentellière (ou le dentellier) peut être également une professionnelle, dont l’activité consiste à produire manuellement des pièces de dentelle destinées pour la plupart à la haute couture, à l’art, ou aux collections des institutions spécialisées. La dentelle « ordinaire » et industrielle étant aujourd’hui produite majoritairement à l’aide de machines rendant le travail bien plus rapide et beaucoup moins coûteux, l’artisanat en la matière s’est raréfié, mais il se démarque par la qualité et la précision inégalable des pièces réalisées.
La dentellière crée des vides et des pleins composant les motifs d’une pièce de textile. Pour ce faire, en fonction des diverses techniques, elle utilise aiguilles, crochets ou fuseaux, ainsi que des fils qu’elle noue et entrecroise patiemment et précisément, à la main, pour parvenir à la transposition textile d’un dessin préalablement tracé sur une feuille de papier.
Savoir-faire précieux et patrimonial, l’art de la dentelle est préservé et encouragé par diverses associations et organisations : les Ateliers nationaux du Puy et d’Alençon ou la Fédération française des dentelles et broderies en France, le Festival International de la dentelle en Croatie, le Musée de la Dentelle de Kiskunhalas en Hongrie, le Lace Museum & Guild en Californie, le Museo del Merletto à Venise, le Kantcentrum de Bruges, le Sheelin Antique Irish Lace museum en Irlande, ou encore les nombreux clubs dentelliers disséminés à travers le monde.