Irene Alvarez, artiste

Irene Alvarez développe depuis plusieurs années une pratique artistique innovante, embrassant plusieurs techniques de création : sculpture, vêtement, tapisserie, bijoux. Son esthétique néo-ethnique et pop bouscule nos références culturelles. Sa pratique transdisciplinaire offre un témoignage pertinent sur les collaborations fructueuses entre industrie de la mode et art contemporain. Rencontre.
Irene Alvarez, vous avez collaboré avec le Musée du Textile Audax et le concept store RA13 à Anvers, pouvez vous nous décrire votre mode de production ?

J’ai commencé à travailler en 2009 avec le Laboratoire du Musée du Textile d’Audax, aux Pays Bas, dans le cadre d’une commande de Ra13 d’une œuvre pour leur concept store-galerie à Anvers. J’avais imaginé l’œuvre « Inti Altar » comme un autel métaphorique composé d’une sculpture et d’une tapisserie. Cette expérience a été ma première approche du textile et de son procédé de production. J’ai acquis beaucoup d’expérience dans le département tissage d’Audaxtextiel. J’ai compris que les possibilités de cette technique sont infinies, depuis le tissage est un élément central de ma pratique artistique.
Comment choisissez vous les matériaux et tissus avec lesquels vous travaillez ?
J’envisage la tapisserie contemporaine comme une image numérique artisanale : elle est comme pixélisée et sans aucune trace de pinceau. Il faut travailler à partir des déformations de la trame verticale, décider comment les fils vont traverser la trame pour rendre une image complète. J’ai accordé beaucoup plus d’importance dans mes derniers travaux au dessin et au concept. La série de tapisseries « Turn Me Op » est basée sur des illusions optiques, pour cela il était important de travailler avec des fils brillants, comme la viscose ou le lurex. J’adore les combiner à la matité des fils d’acrylique, leur contraste produit un effet holographique intéressant.
J’aime également beaucoup votre collection de ToTem T-shirts créés en 2011 avec aLabelby, que vous aviez exposés à côté d’un tipi pop chez Hunting et Collecting à Bruxelles. Quelle relation entretenez vous avec l’industrie de la mode ?
Vivant à Anvers depuis six ans, j’ai eu la chance de rencontrer des créateurs de mode géniaux. Il y a tant de talents incroyables rassemblés dans une si petite ville ! J’ai ainsi travaillé avec Mic Eaton – précédemment connu sous le nom de Material Boy – à une série d’illustrations pour des T-shirts. J’ai également participé à plusieurs showroom de Ra à Paris, avec des œuvres textiles. Je pense que mes créations sont très bien perçues par l’industrie textile car mes œuvres n’ont rien à voir avec la mode, même si je pars des mêmes matériaux. Par exemple mes illustrations sont très influencées par le graphisme des textiles précolombiens, mais elle ont été transférées sur textile dans un second temps, pour obtenir une finition parfaite.
Irene Rodriguez participera avec son collectif « Say Hi! » à la foire d’art JustMad à Madrid du 14 au 17 février 2013, dans le cadre des programmes My First Just et Forever Tonight.
www.irene-alvarez.com
sayhigallery.tumblr.com
Irene Alvarez, Intialtar
Inti Altar, polyurethane, résine de polyester transparente, bois, markers, coton. Sculpture relief : 2,80 x 3,20m, tapis tissé : 3,00 x 3,38 x 2,40 x 0,60m
Irene Alvarez, Turn me Op, Mickey
Turn me Op, série de tapisseries en collaboration avec le Audax Textielmuseum, 1,65 x 2,00m
Irene Alvarez, Totem Tshirts
ToTem T-shirts, en collaboration avec aLabelby, Hunting & Collecting, Bruxelles
Irene Alvarez, Typee carpet
Irene Alvarez, Typee carpet
Typee/carpet, illustration sur tissu, reversible, acrylique, mousse et mohair, diamètre 1,65m x hauteur 1,85m
Tous les visuels © Irene Alvarez