François Girbaud, Marithé+François Girbaud, au salon Maison d'Exceptions


(sous-titres anglais disponibles)
« Je m’appelle François Girbaud. Avec une carrière qui approche les 50 ans, on peut dire que je marche sur l’eau. Marithé+François Girbaud est notamment à l’origine du Stone Wash [procédé de délavage utilisant la pierre ponce qui permet à son contact de gommer la couleur de la toile denim et d’en améliorer la souplesse, ndlr], parmi bien d’autres choses. Aujourd’hui, bien entendu, je m’intéresse beaucoup plus aux problématiques liées à la préservation de l’eau et des énergies, ainsi qu’à la suppression des produits chimiques.
Nous sommes des criminels, car nous avons inventé un procédé qui a pollué toutes les rivières du monde. J’en suis conscient. Depuis 1989, je me bats contre ces pratiques. C’est lorsque le mur de Berlin est tombé et que nous avons vu les gens de l’autre côté arriver avec l’Acid Wash que j’ai réalisé que j’avais commis une grave erreur. Quand on utilisait de l’eau et des cailloux, ce n’était pas pareil. Aujourd’hui, on ne peut même plus mettre de l’eau. Il faut en prendre conscience et arrêter le massacre.
Ma carrière est marquée par les extrêmes. D’abord, le Stone Wash, aujourd’hui, le Light Wash, une technique qui s’appuie sur la lumière. Nous avons développé des machines, des lasers. Nous sommes intervenus sur l’air, qui est une ressource gratuite, contrairement à l’eau qui est de plus en plus chère. C’est pour cette raison que je me suis installée à Los Angeles où l’eau manque. Il fallait donc trouver des solutions.
Cette histoire d’ozone, de séparer l’hydrogène de l’oxygène, c’était important, surtout que nous nous sommes rendus compte que la molécule d’indigo a peur de l’ozone. Si les gens souhaitent à tout prix continuer à s’habiller avec des vêtements vieillis, pourris ou autres, nous sommes désormais capables de le faire sans utiliser d’eau ni d’énergie. »