Faig Ahmed, artiste

Faig Ahmed, jeune designer originaire de Bakou en Azerbaïdjan, se consacre depuis quelques années à des explorations dans le champs de l’artisanat et plus précisément de la tapisserie. « Le tapis est un symbole d’une tradition orientale invincible », confie-t-il, « c’est la mise en image d’une icône indestructible ».
Après avoir obtenu un diplôme de sculpture à l’Académie des Beaux-Arts d’Azerbaïdjan de Bakou il y a une dizaine d’années, Ahmed a exploré différentes techniques dont la peinture, la vidéo et l’installation. Il a finalement choisi de prendre pour medium principal le tissage de tapis selon des techniques traditionnelles, dans une volonté de renouvellement de ces savoir-faire ancestraux.
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La question du maintien des traditions est délicate selon Ahmed. « La tradition est garante de l’identité d’une région. Mais il me semble que cela peut aussi être un outil inutile. La tradition orientale est très forte. Elle est d’une grande richesse et en même temps assez pesante sur la durée, un peu trop encombrante pour être perpétuée encore et encore », dit-il.
Ainsi Ahmed cherche à détourner des traditions locales emblématiques, en offrant une nouvelle interprétation de l’art de la tapisserie, un des symboles les plus emblématiques de la région où il a grandi.
Il a choisi de se concentrer sur les tapis, car à ses yeux, « même le changement le plus léger dans la conception de ces pièces a un impact très important sur les personnes qui l’utilisent chaque jour de leur vie. »
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Le travail d’Ahmed commence par une esquisse réalisée sur ordinateur qu’il transfère ensuite manuellement sur un papier particulier. Il confie ses croquis à des fabricants de tapis du village de Bakou, tisserands de tapis de génération en génération. Tous les tapis sont réalisés à la main avec des matières naturelles, en laine ou en soie, teintes dans des pigments naturels, selon des techniques anciennes de la région.
Ahmed s’appuie sur l’expertise d’artisans chevronnés pour la réalisation de ses tapis qui mélangent tradition et contemporain. Par exemple, il fait passer des motifs traditionnels dans un traitement flou ou bien il les recompose pour en faire des pixels minimalistes. Il joue également sur la forme familière du tapis oriental pour le déformer, comme pour l’étirer hors de son format original. Enfin sur d’autres modèles, il fait migrer un motif complexe d’un rouge puissant à un jaune lumineux. Ses tapis apparaissent donc comme un fascinant mélange entre extravagance contemporaine et savoir-faire traditionnel.
Les interventions habiles d’Ahmed ont été exposées dans le monde entier, notamment à la Biennale de Venise en 2013 et en 2014, ainsi qu’au Victoria and Albert Museum à Londres, où il était finaliste du Jameel Prize pour ses designs inspirés des traditions islamiques.
www.faigahmed.com