AH 20-21 : Le portrait d’une saison

Dans une époque où règne l’incertitude, la mode se cherche une voie d’avenir en prenant de la hauteur. L’heure est au rêve et au mystère mais également à la volonté de s’échapper du monde virtuel, en se reconnectant avec l’essentiel : la nature et notre propre corps. Le point avec Pascaline Wilhelm, Directrice Mode Première Vision Fashion

“Dans un monde devenu formidablement virtuel, la saison cherche également à nous reconnecter avec la nature et notre propre corps.”

Comment rebondir ? Voilà sans conteste LA question qui agite l’univers de la mode à l’aube de cette nouvelle décennie. Nous entrons dans une ère faite d’incertitude, dans un contexte où la mode a dû essuyer de multiples critiques (sa superficialité, ses excès, son degré de pollution…). Face à cela, les fabricants de Première Vision et les marques poursuivent leur réflexion en termes d’éco-responsabilité, d’innovation et de vision pour demain mais la création, elle, choisit cette saison de prendre de la hauteur. De s’éloigner du réel pour offrir davantage de subtilité et de sensibilité. Notre image de campagne porte tout cela : le besoin de prendre une grande respiration, un désir aussi de rêve, de fantaisie et de mystère.

Dans un monde devenu formidablement virtuel, la saison cherche également à nous reconnecter avec la nature et notre propre corps. Après les années 80/90 qui ont consacré l’unisexe, les années 2010/15 qui ont sacralisé le “no gender” voici venu le temps du “fluid gender ”. On peut désormais être tout à la fois et, si le corps présente fluidité et agilité, le vêtement se doit d’être à l’unisson. Tout cela vitalise la créativité et casse des barrières formelles en termes de proportions, de morphologie et de silhouette. Après le culte de la communauté et du collaboratif, le rapport au corps redevient essentiel, dans toute la singularité de son allure. Et comme à chaque saison, la mode réussit à métaboliser ces mouvements de fond, les déclinant en tendances fortes qui se dessinent déjà très sûrement.

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© Luciano Movio

Retour à la fantaisie

Le besoin de se montrer et/ou de se cacher reste toujours le même mais il épouse désormais les contours de l’époque et change de forme. Le low profile se conjuguait avec le gris des murs de la ville ? Il mise aujourd’hui sur la fantaisie de la couleur pour se confondre avec les chatoiements de nos écrans. On se perd dans le prisme des couleurs et la saison dessine la nouvelle force du décor et de l’imprimé. On ne se dissimule plus en gris mais en caméléon…

Palettes natures

Même si on se plonge dans l’automne-hiver, les couleurs témoignent d’une vraie optique de joie. Place aux tonalités pigmentées, claires, denses et complémentaires. L’heure est aux variations de teintes ; à la douceur d’un camaïeu de rosés, y compris au masculin ; “no gender” oblige. Cette palette s’associe à des foncés mystérieux qui délaissent les gris pour saluer les couleurs de nature hybride : des bruns chauds, des écorces âpres et des kakis artificiels. Cette saison consacre les couleurs profondes et subtiles.

Fantaisie visionnaire

Dans cette atmosphère de mystère, la mode s’illumine de lueurs étranges, jouant avec les métallisés et les matières les plus expérimentales. A l’image des recherches et expérimentations futuristes, palettes et textures prennent les couleurs du monde de demain. Un monde sans métier à tisser, où les matières pourraient être issues de protéïnes ou de composants auto-générés ; le tout dans un total respect de la planète. Et si la transparence perd du terrain dans les vestiaires, elle prend toute sa puissance dans la compréhension des produits, la volonté de traçabilité. La transparence illustre désormais des valeurs d’éthique, de protection de la nature et de notre environnement. Une façon de penser et construire le monde de demain.

Volume et poids plume

Les nouveaux volumes doivent transcender la matérialité. L’heure est à l’épaisseur et à la légèreté, à un mélange de souplesse et de densité, à une fluidité qui s’apparente davantage à la texture huileuse qu’aquatique. Nous avons besoin de toucher, d’épaisseur, de consistance. Fini également le temps des superpositions. On retrouve le goût de la fonctionnalité avec des pièces uniques et fortes, le plaisir de la fantaisie et la sensualité du porter !

Pour plus de décryptage des tendances de l’Automne-Hiver 20-21, profitez du salon de septembre pour découvrir :
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