Le cuir responsable, un pas de plus dans le bon sens 

5 choses que nous avons apprises de Nicole Lambert, experte des fibres et matières chez Textile Exchange et Camille Rojot, d’Origem Sustainable Sourcing

Textile Exchange travaille avec les divers acteurs de l’industrie mondiale du cuir à la définition du concept de « cuir responsable » et à la construction d’un système permettant aux marques de soutenir les élevages qui s’engagent à ne pas contribuer à la déforestation et au bien-être animal. Le Responsible Leather Program (dans son avant-projet) sera publié en octobre 2020.

Six axes de travail pour rendre le cuir responsable

Chacun d’entre eux sera développé par des groupes de travail internationaux dédiés réunissant tous les acteurs de la chaîne de production du cuir, de la filière bovine aux experts du secteur sylvicole en passant par les ONG, les fabricants de cuir et les marques. Voici les six axes de travail prioritaires du Responsible Leather Program :

-Protocole DCF : un examen-couperet à travers lequel une organisation tierce vérifie que les élevages ne participent d’aucune manière à la déforestation ou à la conversion des forêts en cultures ou pâturages.

-Référentiel de bien-être animal : englobant l’alimentation, le transport et l’abattage, autant d’éléments qui seront comparés aux normes en vigueur. 

-Référentiel de production du cuir : Norme bronze du groupe de travail sur le cuir pour les opérations nécessitant de l’eau, du tannage à la finition.

-Des primes suffisamment incitatives pour s’inscrire dès maintenant dans une démarche Zéro déforestation : en court-circuitant une chaîne logistique complexe, les marques peuvent encourager financièrement les élevages qui ne contribuent pas à la déforestation, même si ceux-ci ne figurent pas parmi leurs fournisseurs de cuir.

-Encadrement des revendications : par le biais d’une série de règles définissant les modalités selon lesquelles les marques et enseignes communiquent au sujet du programme Responsible Leather.

-Recommandations en matière de traçabilité : chaque année, les marques cartographient leur traçabilité en remontant d’un niveau, ce qui leur permet d’obtenir la traçabilité complète du produit sur cinq ans, c’est-à-dire depuis la sortie de l’abattoir.

Ce programme est « un cadre de référence, et non une norme. »

Pour favoriser l’adoption des normes actuellement en place, « nous nous attelons à identifier le niveau minimal et tout ce qui l’excède. » Comme chacune des normes qui existent aujourd’hui dans le monde du cuir est intégrée au benchmark, tout élevage qui respecte cette norme se voit également décerner le label Cuir responsable.

Les marques peuvent dès maintenant soutenir les initiatives d’élevage qui s’engagent au Zéro déforestation ! En misant sur des incitations financières importantes, quel que soit le produit concerné

Plutôt que de participer à un système dans lequel chacun des acteurs de la chaîne logistique ajoute sa marge au tarif d’un éleveur déjà mieux payé, les marques peuvent raccourcir la chaîne en soutenant directement les élevages qui s’engagent dès maintenant à ne contribuer d’aucune manière à la déforestation, en misant sur des incitations qui font la différence — une modeste commission, somme tout. Sachant que l’industrie de la viande est également en train de mettre au point un programme d’incitations financières, les élevages qui jouent le jeu peuvent espérer être doublement aidés.

Restent à définir…

– le montant des incitations financières à l’adoption de pratiques responsables. On peut imaginer qu’il soit variable.

– les outils de traçabilité à mettre en place. Cela se fera dans les prochains mois.

– l’implication de la sphère politique. L’idée est d’associer les gouvernements à cette démarche.

Participer : pour assister aux tables rondes en ligne organisées chaque mois, rendez-vous sur responsibleleather.org

Retrouvez les autres compte-rendu des conférences Première Vision dans notre rubrique programmation.