Le cuir, fatale attraction

Les jeunes créateurs sont de plus en plus attirés par le travail du cuir et n’hésitent plus à lancer leur propre label. La preuve avec Emmanuelle Barre, créatrice de la marque Ephyre, qui présentera au prochain salon Première Vision Paris en février, des pièces réalisées en collaboration avec plusieurs exposants…

 

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Vous avez créé votre propre marque en 2014. Comment avez-vous pris votre décision et quel est votre itinéraire ?

Après ma formation de styliste, j’ai choisi de travailler le prêtà-porter mais aussi l’accessoire car j’ai toujours eu une vraie sensibilité pour le cuir. J’aime sa beauté brute, son côté « matière à histoire »…  Je me suis rapidement recentrée sur l’accessoire et j’ai créé Ephyre voilà quatre ans, tout en continuant à travailler pour de grandes maisons. Je produis des pièces premium de petite maroquinerie, une ligne d’une dizaine de sacs pour femme et, depuis deux ans, quelques pièces masculines car la demande est très forte. Mes collections sont vendues sur mon e-shop et je suis présente dans des multimarques en France et à l’étranger, Suisse et Japon.

De nombreux jeunes créateurs investissent cet univers. Comment expliquez-vous leur intérêt ?

Il tient tout d’abord à l’engouement général pour l’accessoire qui donne envie de se lancer. Par ailleurs, de nombreux créateurs pensent que le secteur est plus « facile » que le prêt-à-porter, ce qui est faux. Il exige des connaissances techniques importantes en matière de montage, de collage ; sans oublier une parfaite maîtrise de la filière. En revanche, cet univers reste l’un des plus dynamiques et la maroquinerie française est très reconnue à l’étranger où elle demeure un gage de qualité et de créativité. L’artisanat français fait toujours rêver…

Pensez-vous l’accessoire comme un tout en soi ou une étape avant d’enrichir votre marque de prêt-à-porter ?

Je souhaite me concentrer sur l’accessoire par souci de cohérence et parce qu’il s’agit d’un univers très riche où beaucoup reste à faire. J’aimerais m’exprimer dans de nouveaux champs : les chapeaux, les bijoux… Le travail de métallerie que j’aborde avec les sacs est facilement transposable au bijou. Tout cela peut enrichir mes collections et surtout, les rendre plus fortes et plus cohérentes.

Comment voyez-vous l’avenir de la filière ?

Je ne suis pas inquiète pour sa vitalité. En revanche, je pense que beaucoup de questions vont se poser, dans un univers de raréfaction de la matière première. Aujourd’hui, les grandes maisons obtiennent déjà les plus belles peaux et il est très difficile pour de petites marques de conserver leur exigence de qualité. Par ailleurs, la question du respect de l’environnement est cruciale et nous impose de sélectionner avec soin nos collaborateurs, tout au long de la filière.

Par ailleurs, vous serez également présente sur Première Vision Accessories avec une exposition…

Je vais proposer la personnalisation de l’un de mes modèles phares – la pochette Léon – réalisée avec des exposants Première Vision ; des tanneurs, des fabricants d’accessoires… Plusieurs de ces pièces seront exposées, témoins de la richesse de ces collaborations.  

 

> En février prochain, suivez notre parcours complet pour la conception de collections de maroquinerie, de chaussures ou d’habillement cuir : 300 tanneurs, 300 fabricants d’accessoires, une sélection de confectionneurs spécialisés et une mise en valeur des tendances pour ce secteur sur le forum mode.

> PREMIÈRE VISION LEATHER, Halls 3 & 4.