Bilan salon Leather – septembre 2018

Le cuir déchaine les passions

Le cuir, cette matière noble et vivante, n’en finit pas de passionner, de questionner, d’intriguer la mode. « Nous vivons une époque et une session formidables!», s’amuse Thomas Eberhard, responsable de la clientèle parisienne chez Bodin-Joyeux, spécialiste de l’agneau plongé. La richesse des échanges cette saison le réjouit : « nos clients ne sont plus seulement des acheteurs de cuir mais des professionnels avertis, compétents, soucieux de prendre la juste mesure des conséquences de leurs choix et de l’impact de leurs sélections matière».

La filière s’organise donc pour jouer la carte de la transparence et de la traçabilité. De l’origine de la peau à la composition des produits de tannage utilisés, en passant par l’alimentation et l’environnement de l’animal, les questions fusent. Les tanneries et mégissiers qui fournissent les grands maisons de luxe (Tanneries Haas, D’Annonay, du Puy, Roux, France Croco, Mégisserie Richard, Bodin-Joyeux) s’emploient à y répondre avec toujours plus de précision.

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Cette volonté de mise en lumière des (bonnes) pratiques s’accompagnent d’un souci de reconnaissance des métiers du cuir. Les discussions vont bon train au Salon sur la problématique de l’encadrement légal européen concernant l’appellation « cuir ». La Commission Européenne a été saisie fin août à ce sujet. Une « nécessité » pour bon nombre d’acteurs interrogés. L’enjeu? Protéger l’industrie d’une concurrence déloyale utilisant le terme « cuir » pour des matières synthétiques ou alternatives.

 

Autre sujet d’actualité animé : la R&D engagée pour trouver des alternatives de tannage au chrome. « Un cheval de bataille de… taille, mais nécessaire dans une optique durable », selon Felice de Piano. Le dirigeant de la société napolitaine Newpelli propose déjà une ligne « be green » qui répond aux directives « Metal Free » et représente 80% de sa collection. Face aux demandes croissantes, des initiatives se multiplient. Ainsi, l’Allemande Deepmello a donné naissance à un cuir tanné à l’aide d’extraits de rhubarbe (Rhabarberleder)

Dans les allées du Salon, cette émulation collective, créative et intellectuelle est saluée. « La nouvelle génération de designers nommée à la direction artistique des maisons contribue aussi à l’effervescence ambiante», affirme Patricia Roggwiller, la responsable commerciale de le Compagnie des Cuirs précieux. Ici, tous les produits spécifiques ont capté l’attention, notamment ce cuir de croco très visuel grâce à l’insertion d’une maille alvéolée au coeur de la matière. Chez Haas, ce sont les nouveaux grains et les cuirs perforés qui captivent cette saison. Rial, elle, suscite l’intérêt avec une laine de mouton travaillée à l’aiguille.

« Certaines marques reviennent aux vêtements en cuir », note Maison Lauret. L’engouement pour l’agneau stretch -chéri des jambes fuselées- de Cuirs de Futur le confirme: « cela faisait longtemps que nous n’avions pas fait un si bon Salon. Nous avons rempli tous nos objectifs », se réjouit Laurent Bove, le directeur commercial. « On sent une réelle envie de remettre du cuir dans les collections » conclut-il avec un sourire.

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PREMIERE VISION LEATHER, Hall 3