Bilan produits Leather

Résumé

Le salon a encore une fois tenu toutes ses promesses pour éveiller la curiosité des visiteurs et nourrir leur inspiration. Les exposants ont su réinventer leurs classiques et également innover avec des articles créatifs et réalistes à la fois. L’éco responsabilité, en particulier, se confirme saison après saison comme un passage obligé mais aussi un axe majeur d’innovation et de développement. Si la maroquinerie reste le marché le plus dynamique pour une majorité d’exposants du salon, la chaussure n’est pas si mal et le vêtement semble plutôt dans une phase de redressement.

 

Bestsellers

Sans surprise, les classiques restent les meilleures ventes des tanneurs. Ainsi, chez les bovins, le taurillon épais nubucké est très demandé chez Rémy Carriat (1) pour la maroquinerie et chez Psunj pour la chaussure. La vachette embossée croco fait un tabac chez Propeaux (2) et Conceria Pellegrini. En version semi nubuck, elle séduit aussi (Propeaux). Et en fleur corrigée, avec un aspect naturel et grâce à son prix imbattable, elle convainc les marques de maroquinerie et chaussures accessibles et les griffes de luxe pour la doublure (F L Leather). Les finissages irisés ont aussi la cote (Conceria Pellegrini) (3). Tout comme les peaux à poils imprimées d’Eustaquio Canto Cano (4). Enfin, pour leurs propriétés et leur innocuité garantie, les références sans chrome et waterproof de Psunj sont plébiscitées par les fabricants de chaussures et vêtements d’outerwear. En veau, l’article Venere de Conceria Cilp, très naturel, à la main ronde et ferme à la fois, plait toujours autant. Surtout qu’il est maintenant décliné en tannage sans métal. Le toucher incomparable du veau velours de Tanneries du Puy (5) en fait toujours craquer plus d’un. Et le baby veau laminé métallisé, embossé ou non, de Dolmen remporte les suffrages des visiteurs maroquiniers. 

En ovin, l’agneau plongé demeure le must des clients. Confectionneurs, ils l’affectionnent peu couvert, même en tannage végétal (Propeaux), dans la race Domestic UK (La Doma) ou ultra léger (Riba Guixa) (6). Maroquiniers, ils le préfèrent plus couvert, plus épais, plus ferme et « tenant », que ce soit pour le cuir d’extérieur ou pour la doublure (Giancarlo Caponi, Riba Guixa, Del Vacchio, Lauret). En caprin, la chèvre velours classique ne démérite pas et ose même des coloris vifs et intenses (Jose Perez Hernandez). Enfin, du côté des cuirs exotiques, la finition brillante naturelle du crocodile reste son meilleur atout auprès d’acheteurs expérimentés et exigeants (La Patrie) (7).

Photo 1 : Taurillon nubucké de Rémy Carriat

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Photo 2 : Vachette embossé croco de Propeaux

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Photo 3 : Vachette finissage irisé de Conceria Pellegrini

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Photo 4 : Vache à poils imprimées dEustaquio Canto Cano

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Photo 5 : Veau velours des Tanneries du Puy

 

Photo 6 : Agneau ultra léger de Riba Guixa

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Photo 7 : Croco finition brillante naturelle de La Patrie

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Nouveautés

Eté comme hiver, les tanneurs savent toujours innover. Cette saison, ils ont encore montré de belles découvertes à leurs clients. Les tanneurs de grandes peaux n’ont pas chômé. Face à la demande en cuir éco responsable, Propeaux a intégré des articles en vachette de tannage végétal à son catalogue, Psunj a mis au point un article en taureau sans chrome et Conceria Cilp, un veau sans métal. Psunj, encore, a concilié résistance waterproof et grain naturel dans un article en vache qui ravira les marques de sacs (8). Au prix de quelques semaines de recherche, les taurillons naturels de Rémy Carriat ont encore gagné en sensualité et en rondeur, sans renier pour autant leur épaisseur (9). Chez Conceria Pellegrini, la vachette se couvre d’un finissage nacré délicat (10) ou d’une impression numérique d’une précision confondante. FL Leather a constitué un stock de peaux de vachette, lisse ou embossée, en quarante cinq couleurs, offrant la possibilité de commander à l’unité. Elle a aussi élaboré un article très compétitif, à fleur corrigée pigmenté, au toucher et au visuel tout à fait convaincants. Dans le même esprit alliant prix et qualité, Jose Perez Hernandez propose des articles velours en vachette argentine fort attractifs.

En veau, les évolutions sont plutôt prudentes. Conceria Cilp amène un finissage marbré ou des embossages buffle (11) ou galuchat (12) aussi réalistes que qualitatifs. Dolmen suggère un baby veau velours aux chausseurs (13). Propeaux joue la carte du verni. Conceria Superior se montre plus audacieux avec un laminé liquide effet miroir, un finissage dégradé et un plissé de très belle facture (14).

Pour attirer leurs clients, les mégissiers ne sont pas non plus en reste. Mais comme pour le veau, leurs nouveautés n’ont rien de farfelu. Embossage chez Bodin Joyeux ou chez Del Vacchio, finissage métallisé ou nacré chez Lauret, légèreté extrême chez Riba Guixa. Ces propositions visent avant tout à répondre aux attentes. Avec son agneau froissé sans métal, Del Vacchio se montre plus téméraire (15). Le travail artisanal de Giancarlo Caponi, si raffiné et inventif, fait de broderie, de peinture à la main, de tressage, de patchwork cousu à la main avec de fines lanières de cuir, est encore plus singulier (16,17,18). Quant aux inclusions de feuilles et de plumes de Colombier, elles relèvent carrément de l’avant-garde (19). Pour ses agneaux lainés, La Doma a décliné des tons pastels pour le moins aventureux quand on connait toute la difficulté de la teinture des peaux à poils. En chèvre, Eustaquio Canto Cano mise sur le transfert avec des films irisés (20) que les chausseurs et maroquiniers apprécient. Et Jose Perez Hernandez parie sur le soir avec des fantaisies décomplexées comme des flocages noirs sur des finissages dorés (21) ou aussi des laminés irisés.

Contre toute attente mais de manière finalement assez logique, les cuirs exotiques font preuve de mesure dans leurs innovations. Avec un croco teinté patiné à la main par La Patrie par exemple. Les dorures placées de Dolmen se font aussi assez discrètes (22).

Photo 8 : Vache grain naturel waterproof de Psunj

Photo 9 : Taurillon épais très naturel de Rémy Carriat

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Photo 10 : Vachette finissage nacré de Conceria Pellegrini

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Photos 11 12 : Veau embossé grain buffle et galuchat de Conceria Cilp

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Photo 13 : Baby veau velours de Dolmen

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Photo 14 :Veau finissage dégradé plissé de Conceria Superior

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Photo 15 : Agneau froissé tanné sans métal de Del Vacchio

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Photos 16 17 18  : Agneaux travail artisanal (tressé, peint et brodé, patchwork) de Giancarlo Caponi

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Photo 19 : Agneau avec inclusion de feuilles de Colombier

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Photo 20 : Chèvre laminée irisée de Eustaquio Canto Cano

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Photo 21 : Chèvre dorée et floquée de Jose Perez Hernandez

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Photo 22 : Python dorure placée de Dolmen

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Développements

Les exposants confient attendre la fin de Linea Pelle pour préciser leurs développements futurs. Mais ils concèdent tout de même à nous donner d’ores et déjà quelques pistes d’évolution. Plusieurs soulignent la priorité du développement durable dans leur avenir. Mais d’autres voies sont également envisagées. Ainsi, FL Leather veut encore améliorer ses finissages pour obtenir une vachette totalement lisse et sans défaut, à des prix attractifs. « Nous aimerions mettre au point des finissages dégradés » indique notre interlocuteur chez Conceria Pellegrini. La Doma souhaite élargir sa palette d’impressions sur agneau à poils (23). Chez Lauret, l’accent sera mis sur les fantaisies embossées ou imprimées qui attirent l’œil du chaland…même s’il « finit par se rabattre sur des classiques ». Sur ses chèvres pour chaussures féminines, Jose Perez Hernandez déclare vouloir « persévérer dans la voie de la sophistication, de la brillance, de la métallisation, pour un style chic et festif ». Et La Patrie s’oriente vers encore plus de souplesse pour ses crocos, même s’il les destine à la maroquinerie.

 

Photo 23 : Agneau à poils imprimé de La Doma

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Développement durable

Sous la pression de leurs clients mais aussi de l’opinion public, les tanneurs prennent tous le virage de l’écologie. Et le développement durable est, pour tous, sinon le salut de leur profession, du moins un passage obligé pour que le cuir garde les faveurs des marques et des consommateurs. De plus en plus de tanneurs possèdent déjà des gammes écoresponsables avec des tannages sans chrome (Riba Guixa, Conceria Pellegrini) ou sans métal (Psunj, Conceria Cilp, Lauret, La Patrie) à base de tanins synthétiques et végétaux. Del Vacchio veut même passer l’intégralité de sa production en tannage végétal, sans métal (24). Dolmen vient de mettre au point un baby veau sans métal à la demande d’un de ses clients maroquinier. FL Leather se prépare à produire ses premières références sans métal. Giancarlo Caponi a perfectionné le tannage végétal de certains de ses agneaux pour les rendre très souples et résistants à la lumière, même dans des teintes pâles. Eustaquio Canto Cano est parvenu à concilier tannage sans chrome et fantaisies. « Nous voulons aussi faire des finissages plus écologiques » avance Conceria Pellegrini. Psunj a mis au point un tannage à l’huile d’olive produisant un cuir bovin souple et doux, idéal pour les chaussures pour enfants. Plus radicaux, Propeaux et Eustaquio Canto Cano proposent des cuirs reconstitués à base de cuir broyé.

Les process sont une autre facette de la question écologique que les tanneurs ne sauraient négliger. « Depuis plus de quinze ans, nous sommes sensibles à la question de l’innocuité des cuirs et diminuons l’utilisation de produits chimiques » affirme le responsable chez Lauret. Les normes REACH, imposées par la communauté européenne, induisent un meilleur contrôle et une diminution inéluctable des produits chimiques dans les formules. Les stations d’épuration des tanneurs de Première Vision Leather sont ultra performantes et garantissent la filtration de la plus infime particule de chrome. Les consommations d’eau, d’électricité, de gaz, d’énergie et également de produits chimiques sont minimisées. « Une personne en Espagne suit la production et la qualité des articles » assure notre interlocuteur chez Jose Perez Hernandez qui travaille des peaux de chèvres nigérianes tannées en Italie et des vachettes d’Argentine. Et en amont, la traçabilité des peaux s’améliore peu à peu. « La localisation restreinte de l’Entrefino facilite la traçabilité des peaux » reconnaît le dirigeant de Lauret. Pour Conceria Cilp, « cette question inclut aussi celle des conditions d’élevage des animaux ».

En bout de chaîne, les certifications attestent de la responsabilité des tanneurs et rassurent leurs clients. Chez Propeaux, les trois-quarts de l’offre sont certifiés LWG. Labels ICEC en poche, Del Vacchio est en cours d’obtention de la garantie LWG. Tout comme Conceria Pellegrini. Alors que La Patrie affiche déjà fièrement les certificats LWG et ISO 14001. Un tanneur, sous couvert d’anonymat, nous confie toutefois « ne pas être questionné sur le sujet » et que « les clients ne semblent pas intéressés par le sans chrome dans l’immédiat ». Il est vrai que le tannage au chrome bien maîtrisé jusqu’à son terme ne comporte pas de risque pour l’homme ou l’environnement et qu’il produit un cuir particulièrement qualitatif. Il est important de le rappeler en ces temps de confusion médiatique.

 

Photo 24 : Agneau nubucké tanné sans métal, pour vêtements, de Del Vacchio

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Marchés et débouchés

Selon nos interlocuteurs, les divers marchés du cuir son perçus différemment. Des tendances générales se dégagent néanmoins de notre enquête. Comme le dynamisme de la maroquinerie, « tirée par l’export », souligné par Conceria Cilp, Rémy Carriat, Tanneries du Puy, FL Leather et Del Vacchio. D’autres, plus réservés, la qualifient de « stable » (Propeaux, Lauret, Riba Guixa). Pour Dolmen et La Patrie, qui fournissent le secteur en cuirs exotiques, le filon se tarit légèrement. « Les marques demandent de plus en plus la traçabilité des peaux » indique le premier. « Le croco est un peu moins présent dans les collections » regrette le second.

Aux dires de certains interlocuteurs, il semblerait que le marché de la chaussure se redresse quelque peu. « Il est toujours en quête de nouveautés mais exige aussi des certifications » observe la responsable de Psunj. Cette soif d’innovation est aussi relevée par Conceria Pellegrini comme un signe de vigueur. « La demande des marques de luxe italiennes est forte » témoigne Del Vacchio. « Cela reste notre plus gros marché » stipule Giancarlo Caponi. Mais pour d’autres de ses fournisseurs, le secteur de la chaussure est en difficulté. « Le marché de la chaussure va mal ; les usines ferment en Espagne ; la sneaker affiche une belle santé, mais elle est fabriquée en Asie » se désole-t-on chez Eustaquio Canto Cano. Une régression également perçue par Dolmen et FL Leather.

Au vu des collections, le vêtement en cuir porte beau. A défaut d’être toujours régulier et en croissance, il reste un vecteur majeur, pour les marques, d’affirmation de leur savoir-faire et de leur prestige. « C’est un marché de qualité et de visibilité » confirme Giancarlo Caponi. « Il a l’air de repartir. Des marques comme The Kooples se remettent au cuir » note le dirigeant de Propeaux. « Après deux ou trois années de progression, il se stabilise » analyse le responsable de La Doma. « Nous fournissons plusieurs marques sud coréennes » stipule Del Vacchio. Pour Riba Guixa, l’habillement demeure un débouché « fluctuant ».