La mode américaine racontée par … Sylvia Heisel

Récemment élue parmi les 25 créateurs qui pensent le futur de la mode, la jeune designer est une fidèle de Première Vision New York où elle présentera en janvier, pour la deuxième édition, un vestiaire poétique et high-tech à la fois… Invitée de notre magazine, elle analyse pour nous les grandes tendances de la mode américaine.

 

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Comment voyez-vous l’évolution de la mode US au fil de ces cinq dernières années ?

Je ne suis pas sûre de pouvoir définir les mouvements de façon globale mais une chose est sûre, la mode est désormais menée par la présence massive d’images et de vidéos vues sur nos iPhone. Il y a cinq ans, on créait une collection pour la montrer lors des défilés et via les campagnes publicitaires, avec des images parfaites pour attirer et séduire. Offrir quelque chose de beau n’est plus suffisant. Il faut définir un propos, présenter les dessous de la création avec des processus de production revendiqués.

Que pensez-vous de la jeune génération américaine ?

Elle infuse une grande intensité créative. Je rencontre beaucoup de jeunes designers très pointus et désireux de réinventer la mode. Je suis bluffée par leur travail autour de l’écologie et leur volonté d’offrir bien davantage que des beaux vêtements.

L’innovation est le cœur battant de la création. Comment cette exigence se traduit-elle ?

La technologie a bouleversé nos façons de vendre la mode, elle s’attache aujourd’hui à transformer la façon dont les vêtements sont conçus. Les prochaines révolutions concerneront les matières et les processus de production. Les robots remplacent déjà les couturiers et de nouveaux matériaux permettent de créer des sensations et des fonctions neuves. Il y aura de plus en plus de vêtements qui réchaufferont ou rafraîchiront votre corps, qui feront avec vos handicaps, qui passeront des vidéos sur votre manche…

Et ces vêtements seront fabriqués dans un vrai respect de l’environnement…

Les recherches autour des matières responsables multiplient les avancées. J’en découvre sans cesse de nouvelles : des bioplastiques qui ressemblent au cuir, des textiles faits de collagène et de mycélium (des champignons)…

Vous travaillez vous-même sur ces questions…

J’œuvre à l’intersection de la mode et de la technologie et nous avons conçu une plateforme qui crée des vêtements en impression 3D, zéro déchet, ainsi que des accessoires dans des matériaux renouvelables. Les vêtements que je vais présenter à Première Vision NY en janvier illustrent cette ambition. Ces recherches prennent beaucoup de temps mais les progrès technologiques me donnent la possibilité de montrer, à chaque édition, un vêtement qui témoigne d’un pas en avant.

Vous participez à la prochaine édition de Première Vision NY. Que venez-vous y chercher ? 

Le salon abrite un mélange unique de luxe, de patrimoine et d’innovation qui permet à chacun de toucher, de ressentir la matière mais également d’échanger, de confronter des expériences. C’est pour moi un formidable lieu de rencontres et d’inspiration.

 

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PREMIÈRE VISION NEW YORK : 15-16 JANVIER 2019

Généraliste par vocation, le salon réunit là encore l’ensemble des métiers de la filière : tisseurs, fabricants d’accessoires, confectionneurs, tanneurs, studios de dessins. Sa saisonnalité – en janvier et juillet – répond aux contraintes du marché local. Créé en 2000, le salon joue désormais un rôle important au sein de l’industrie américaine et développe les liens entre la mode locale et les exposants internationaux. Chaque saison, il présente un forum de tendances inspirant et propose de nombreuses conférences, notamment autour de l’économie circulaire. Première Vision NY travaille aussi en lien avec le CFDA – Council of Fashion Designers of America – et offre un programme de soutien aux jeunes créateurs et assure la promotion du « Made in USA ».

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