Bilan salon Designs – septembre 2018

« L’imprimé est dynamique cette saison », pose d’emblée Stéphane Vernet, le Pdg de Créations Robert Vernet, rejoignant le point de vue de ses confrères exposant sur Première Vision Designs. Reste cependant à proposer le bon dessin au bon moment. Cette saison, ce sont ainsi les imprimés rappelant ceux des foulards avec des maillons de chaîne qui sont dans l’air du temps. Mais aussi les associations de motifs animaliers et floraux.

Ces dessins doivent par ailleurs répondre aux évolutions du marché. Ainsi, selon plusieurs studios, le prêt-à-porter homme est de plus en plus demandeur d’imprimés. « Ils sont très présents sur les défilés de mode masculine et vont être de plus en plus visibles dans les vitrines des boutiques. C’est un phénomène que l’on observe en Europe, mais aussi au Japon et aux Etats-Unis », constate Fiona White, responsable design du Londonien Gathernomoss.

Conséquence : pour s’adapter, les marques achètent des dessins en petites quantités mais plus souvent. Certains studios font ainsi entre 8 et 10 présentations par an et ne se contentent plus des rendez-vous de l’automne-hiver et du printemps-été. « Il faut une offre très variée et qui se renouvelle. Cela permet de réagir plus rapidement », appuie Fiona White.

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C’est d’autant plus nécessaire que les tendances peuvent éclater du jour au lendemain sur des réseaux sociaux comme Instagram sans que les bureaux de style aient eu le temps de les déceler. De même, l’accélération des rythmes de la mode et la puissance de groupes comme Inditex qui ont une organisation verticale, obligent à réagir toujours plus vite. Or, « cela prend du temps de créer un dessin et c’est un temps nécessaire pour faire de la qualité », observe John Price, le co-dirigeant de Fortier Price qui juge que cette course sans fin pour aller toujours plus vite devient nuisible au secteur. « On a bien vu avec le « see now buy now » que l’on atteignait les limites du système. D’ailleurs beaucoup de créateurs ont fait marche arrière et sont revenus à des rythmes de collections plus normaux », analyse-t-il.

Ce temps de création nécessaire, c’est également un des points que veut défendre la toute récente fédération française du design textile et surface. Baptisée La Trame et présidée par Agnès Denat de Cymé, l’association regroupe pour le moment 7 designers indépendants. « Nous souhaitons rappeler ce qui constitue le prix d’un dessin, de son esquisse à la remise d’un fichier informatique complet. L’idée est d’éduquer nos clients en quelque sorte », remarque Marion Puard de Mademoiselle Poire, adhérente de La Trame.

Ce travail pédagogique est d’autant plus important que le dessin textile doit faire face à une forte pression sur ses prix, notamment chez les designers indépendants qui ne possèdent pas la même puissance que les gros studios de création. « C’est un bras de fer constant, d’âpres négociations », illustre Sabine Briffox de l’Atelier du dessin textile qui regroupe plusieurs indépendants. « Mais, au final, on arrive toujours à s’entendre avec nos clients ! », se réjouit-elle.

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PREMIERE VISION DESIGNS, Hall 5