Bilan Designs février 20: Flower power

Retour sur l’expérience des studios de dessin et de maille lors du dernier salon

Des fleurs plongées dans la végétation. Les marques et les stylistes venus rencontrer les studios de dessin sur Première Vision Designs ont privilégié les associations de floral et de végétal pour des motifs à imprimer, à tricoter ou encore à broder. Nombre de sélections se sont en effet portées vers des combinaisons de feuillages luxuriants et de petits bouquets de fleurs compacts ou, au contraire, totalement éclatés, comme vu chez le studio français Petites Histoires où « tout s’imbrique l’un dans l’autre ».

Cette volonté de mixer plusieurs sources d’inspiration est souvent perçue comme une façon de faire évoluer le traitement de l’exotique. « Ce sont par exemple des mélanges d’influence africaine que l’on associe à des indiennes, c’est-à-dire des tout petits fleuris, à la manière des Liberty, mais qui se renouvellent en s’exprimant dans un environnement tropical », observe Maria Dauton, designer textile pour le studio anglais Jack Jones. Les rapports de ces motifs varient d’un extrême à l’autre sans que cela pose problème. « Les choix s’opèrent aussi bien sur du très grand que sur du très petit », constate Melissa Wright, directrice du studio anglais Whiston and Wright. Ces mariages laissent souvent peu de place aux fonds des dessins, d’autant plus que s’y insèrent parfois des géométriques ou des peaux de bête, notamment chez l’Italien Bernini Designs et les Anglais Camilla Frances et Design Union où, si la fleur reste centrale, elle se combine avec ces autres thèmes classiques du design textile.

Du côté des médiums, les acheteurs s’orientent souvent vers des illustrations « comme réalisées à main levée », remarque Ellie Taylor, designer pour Camilla Frances. Une tendance que l’on retrouve aussi chez le studio brésilien Nomad où ce sont des grandes fleurs exotiques comme tracées par des pinceaux épais qui ont plu. « Nos clients se lassent des dessins trop vectorisés. Ils veulent sentir qu’il y a une personne derrière le croquis. Cela passe par l’utilisation d’encres, de traits de peinture », confirme Julia Ferrer Soler, la fondatrice du studio espagnol Sun Smith.

Autre recherche récurrente sur le salon : les « conversational design », soit des scènes ou des objets traités dans un style figuratif et répétitif. Cette demande se ressent aussi bien dans la maille avec, par exemple, une représentation de petits chats chez l’Anglais Yellow Minnow, qu’en impression avec des branches de mimosa très délicates ou des cerises, reproduites en répétition chez la dessinatrice Watanabe Espinosa Noriko du studio Monetiro. On retrouve aussi cette envie dans le secteur de l’ornementation, comme chez Amanda Kelly Embellishments où ce sont les broderies de petits animaux qui ont été les plus remarquées.

Tous ces choix sont proposés dans des couleurs fortes et lumineuses, mais aussi des coloris plus doux, parfois fanés, lavés aux tonalités automnales comme pour mieux passer d’une saison à l’autre. Chez ces spécialistes, beaucoup des sélections réalisées sur cette édition de février vont servir à proposer de la transition entre l’automne-hiver 20-21 et le printemps-été 21.

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Fév. 20 / DESIGNS