Warren Dykeman : tous ensemble, tous différents

Une inspiration motifs qui actualise l’ethnique et célèbre l’existence individuelle dans la pluralité.

Personnages, plantes bizarroïdes, signes typographiques, morceaux de bâti, langage du milieu de la rue ou du bord de la route, objets du quotidien : la peinture de Warren Dykeman avale les codes de la société contemporaine, dans la continuité de l’histoire de l’art américain, comme une machine qui les digère, les compile, les recrache, les articule. De quoi imaginer des dessins néo ethniques qui parlent de nous, de ce qui nous entoure, mixant avec fantaisie et cool attitude passé, présent, futur. Ou comment rendre actuel le traditionnel.

Notre époque cultive la mise en scène de soi, l’exposition de déclinaisons d’identités multiples, facettes plurielles avec lesquelles l’individu jongle pour exister haut et fort, au delà d’étiquettes restrictives, de catégories. Si la quête de reconnaissance est le leitmotiv, il s’agit aussi de se distinguer, de s’entourer sans se perdre dans la masse, de jouer avec son image pour garder le contrôle, de déborder du cadre, d’imprimer sa marque dans la société.

Warren Dykeman - THEGARDEN

Dans les œuvres de Warren Dykeman, se déploie cette notion de multiplicité où chacun est différent. Tout s’additionne, mais sans répétition, sans redondance. L’unicité prime au sein d’un ensemble. Tout est affaire de combinaisons, de variations subtiles, pour définir à chaque fois un contexte spécifique, une histoire nouvelle. Formes simples, effets de blocs en aplats, couleurs vives et réduites en nombre, contrastes, participent d’une stylisation donnant un ton primitif, un air de folkore, presque de sorcellerie d’antan, de chamanisme. Les composantes du décor deviennent des totems. Sapins, buissons, flammes, tiennent lieu de figures occultes entre lesquelles les hommes circulent et vaquent à leurs occupations indéfinissables. Une spiritualité se dégage de ces ensembles codés, de ces quasis graffitis qui nous ramènent à Picasso, Basquiat, aux peintures de jeunesse de David Hockney. La géométrisation – mais sans trop de rigueur – inscrit l’imagerie de Dykeman dans l’air du temps.

On voit aisément comment rapprocher ce travail d’un univers textile, où les différents éléments deviendraient foisonnement de motifs variés, agencés sans hiérarchie de plans et couvrant la surface façon all over, potentiellement à l’infini. Drôle d’abécédaire, cabinet de curiosités ludique aux gris gris enchanteurs, expression libre entre narration et abstraction,  le décor s’invente au rythme d’une parade graphique qui explore la simplicité dans la singularité et invite au mix and match avec bonne humeur. Tous les métissages sont bienvenus pour créer de l’insolite et offrir une cure de couleurs, assemblées au noir et au blanc pour que du clash surgisse une lumière positive.

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