Premier regard sur la saison avec Simon Hitchens

Ses sculptures en camaïeux de roses charnels inspirent l’automne-hiver 2020-21

Simon Hitchens, artiste britannique, expose à travers le monde d’étranges pierres, travaillées de matières translucides comme la cire et la résine, qui prennent l’apparence de la chair.

Simon-Hitchens_The-Flesh-of-the-World_WEB

Son travail entre en résonance avec la vision sensuelle de l’automne hiver 2020-21, soutenu par des rosés aux carnations naturelles et étranges. Dérivés des neutres, ces nouveaux beiges* sont plus caractériels, ils sont porteurs de sentiments et de sensations, de gêne, de colère ou d’amour. La peau, la chair, s’immiscent ainsi dans la palette mais aussi dans les aspects et les touchers de cette saison. Les tissus frissonnent, sont parcourus de ridules et de frémissements subtils, creux et bosses se révèlent. Les cuirs arborent des brillances cireuses, doucement atténuées avec des enductions légères qui ne cherchent pas à masquer ce qui se passe en dessous. Pas de maquillage ni de faux semblants, les aspérités sont assumées; mieux, magnifiées. Les fragilités sont respectées et mises en avant, comme autant de marques du sensible, de l’émotionnel, du vivant.

Pour Simon Hitchens, la pierre à l’état brut, non sculptée, non polie, est la matière première de ces expérimentations autour de la peau et de la chair. Il faut dire qu’en tant qu’adepte de l’escalade, il entretient avec elle une proximité particulière, en possède une expérience physique et intime. Dans les formes hybrides qu’il obtient, l’humain et le minéral se confondent, comme en un fantasme de communion, d’harmonie absolue, de pleine intégration de l’homme à la nature. Animé et inanimé s’interpénètrent, s’interrogent, se répondent. La pierre, synonyme de solidité et de durabilité, adopte les stigmates de l’humanité : elle devient rougie, éraflée, délicate, attendrie, gonflée de sang prêt à perler.

Simon Hitchens - A-Certain-Reciprocity - PV Paris

Dans cette fusion de ce qui est stable à travers les âges (la pierre) et de ce qui n’est que de passage (l’homme), on réalise soudain la fragilité de l’environnement naturel. Ce qui est durable n’est pas pour autant éternel. Ces pierres qui supportent nos poids, ont besoin aussi qu’on les soutienne, qu’on les accompagne, qu’on les caresse, qu’on les protège. L’homme et son environnement vont devoir avancer ensemble, se considérer non plus comme deux entités séparées mais comme faisant partie d’un tout, potentiellement aussi bien équilibré que vulnérable.

Pour la saison automne hiver 2020-21, comme dans les pièces de Simon Hitchens, la douceur et le brut se rencontrent et s’enrichissent, faisant émerger une étrangeté touchante qui nous interpelle et célèbre la vie.

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