La sélection cuir du printemps-été 2020

Une saison où il faut envisager la matière à 180°, où la qualité, synonyme d’innovation et de recherche, n’exclut pas l’envie de s’amuser. Les matières de la saison nous invitent à l’immersion charnelle et optent pour la matérialité, ou, plus suggestives et rêveuses, évoquent la légèreté, l’évanescence et choisissent l’immatérialité.

Du côté de la Matérialité

On y trouve une expression du brut qui révèle des aspects déshydratés, fendillés, des surfaces scarifiées, des découpes lasers profondes et irrégulières, des articulations inattendues. Et aussi des surfaces cendrées, très mouvementées sur veau, vachette, croûte et buffles. De nouveaux touchers font leur apparition avec des chèvres non poncées, des craquelés presque râpeux. Ou, à l’opposé, des tannages impeccables, des surfaces lisses qui laissent deviner des imperfections sublimées par la qualité des supports : veaux parfaits, taurillons amincis.

Une matérialité qualitative qui s’exprime par le plaisir d’utiliser des matières pleines mais jamais plombées. Un univers de coloris terre, de bruns calmes, de nouveaux kakis plus urbains, de beiges blanchis ou grisés, ponctués d’orangés vibrants et de violacés assourdis. Dans une autre expression de cette matérialité, on trouve des grains géométriques, des dessins graphiques, souvent inspirés des textiles. Cette expression essentielle utilise une gamme de faux primaires énergisants et travaillés, où les rouges dominent et se mélangent aux roses profonds, aux bleus intenses.

 

Du côté de l’Immatérialité

Les jeux de lumières, les brillances et les luisances se renouvellent. Nacrages subtils, marbrures esquissées, feuilles d’argent irisées, froissées, origamis pliés, perforés. L’or se teinte de blanc, à peine visible, il est souvent matifié et parfois éclairci jusqu’au jaune pâli. Les changeants, moins présents, atténuent leurs effets.

La légèreté, compagne de cette évanescence, est omniprésente. Les agneaux stretchs se font poids plume, les peaux sont ajourées, perforées de cannelages minuscules et irréguliers. Une nouvelle matité poudreuse et vivante s’éloigne des aspects, parfois très techniques, des touchers gommeux vu dans les saisons passées.

Une légèreté agile et fonctionnelle au service des agneaux stretchs plus inventifs que jamais. Les couleurs s’expriment par une volonté de blancheur immaculée, ou pas, teintée de jaune clair, d’un halo rose, une fragilité émouvante et séduisante.

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