Déboutonnons donc la mode

deboutonner

Boutons : © les Arts Décoratifs, Jean Tholance. Photo Shocking Elsa Schiaparelli © DR

Encore plus de boutons précieux ou innovants sur Première Vision Accessories, en complément de l’exposition du musée des Arts décoratifs à Paris

 

“Fort de la richesse historique et des développements innovants de ses exposants, Première Vision Accessories propose une sélection de pièces vintage ou innovantes dans l’espace événementiel du hall 4, allée H.” 
Céline Bertrand, Commissaire Première Vision Accessories

“Première Vision Paris est mécène de l’exposition Déboutonner la mode. Parce que c’est aussi la richesse de notre patrimoine qui porte l’innovation des fabricants d’aujourd’hui, tisseurs, confectionneurs, tanneurs, filateurs et autres métiers de la mode.”
Philippe Pasquet, Président du Directoire Première Vision

 

DRÔLE DE DESTIN QUE CELUI DE CE SI PETIT ACCESSOIRE QU’EST LE BOUTON.

Il a pris place, l’air de rien, dans l’histoire du vêtement comme dans nos souvenirs quotidiens. Il est pourtant étonnant d’avoir encore aujourd’hui sur nos vêtements des boutons, ce système un peu archaïque et agaçant de fermeture. Il faut dire que depuis longtemps, artistes et stylistes s’en sont emparés. « Il est souvent ce qui reste quand le vêtement a disparu. Seul élément en dur, il est la colonne vertébrale de la robe ou du manteau », raconte Véronique Belloir, conservatrice en charge de l’exposition Déboutonner la mode, qui dévoile une collection unique de plus de 3 000 pièces et d’une centaine de vêtements de grands couturiers. Longtemps réservé au vestiaire masculin, le bouton doit ses conquêtes féminines à l’arrivée de la robe-redingote, fin xviiie. Mais ce n’est qu’en 1950 qu’on ose mentionner l’idée, dans la presse, qu’une femme « se déboutonne » ! Au siècle des Lumières, les boutons surdimensionnés sont un support de communication. On y parle de Buffon comme de la lutte contre l’esclavage, en petits tableaux pour lesquels passementiers, brodeurs, verriers, orfèvres ou céramistes rivalisaient d’ingéniosité. Depuis Poiret, le bouton a appris à jouer des contrastes et des courbes, soulignant une hanche ou un décolleté. Balenciaga, Chanel, Dior, tous ont utilisé les boutons pour appuyer des lignes, pour achever un équilibre parfait ou pour porter un esprit maison. Le bouton sert finalement rarement à fermer un habit. Son vrai rôle est d’attirer les regards et de sublimer une coupe, en sachant rester discret, souvent en ton sur ton. Signe d’importance, Yves Saint Laurent les plaçait dès la toile à patron, Christian Dior leur consacrait des pages dans ses dossiers de collection. En revanche, il est rarement convoqué sur les tenues du soir, trop en concurrence avec l’incontournable bijou. « Cette exposition met en lumière des artistes discrets qui se sont consacrés au bouton, comme Henri Hamm, verrier des années 1920 célèbre pour ses flacons de parfum, ou Lucien Weingott, raconte Véronique Belloir. Celui-ci, dans sa cuisine, collectait graines et petits riens et les sertissait de résine, pour des petits chefs-d’oeuvre d’art modeste qui se retrouvent sur un deux-pièces en lainage brun de Balenciaga. Comme lui, peintres, décorateurs, sculpteurs, de Sonia Delaunay à Giacometti, ils sont nombreux à avoir exprimé leur art dans un simple petit bouton.

Exposition Déboutonner la mode. Du 10 février au 19 juillet. Musée des Arts Décorati fs, 107 rue de Rivoli , Paris 1

 

C’EST À VOUS CE BOUTON ?
Il y a la boîte à boutons de nos grand-mères. Ceux qu’on boutonne à l’envers, dimanche avec lundi. Et cette règle incongrue au temps des zips et des Velcro® : boutonnage à droite pour les hommes ou à gauche pour les femmes. Seul le caban se boutonne indifféremment d’un côté ou de l’autre, car cela dépend… du sens du vent. Parfois, le bouton est signe identitaire. Les initiés font savoir que leur chemise est faite sur mesure en laissant ouvert le dernier bouton de leurs manches. Il se fait discretement romantique au Japon, lors de la remise des diplômes, les garçons ont pris l’habitude de donner le deuxième bouton de leur veste d’uniforme (celui près du coeur) à une jeune fille.

première vision
mécène de l’exposition