Un cuir nommé skiver

Que se cache derrière ce terme anglo-saxon méconnu, à la traduction aussi peu flatteuse (tire-au-flanc) que trompeuse ? Un cuir, bien sûr, aux qualités nombreuses et fort intéressantes. Plus connus pour leur laine, les moutons de Nouvelle Zélande n’en laissent pas moins une peau à leur mort dont on ne saurait se priver. Grande et épaisse, elle est refendue à 1 mm d’épaisseur avant de subir un tannage au chrome, végétal ou mixte. Et, tandis que sa croute devient la fameuse peau de chamois, la fleur se transforme en skiver. « Le skiver présente des caractéristiques avantageuses, notamment sa grande taille et sa légèreté » déclare le représentant d’un des spécialistes mondiaux, la tannerie italienne Conti. Et même si sa résistance est moindre que celle de cuirs concurrents comme la chèvre, son prix plaide en sa faveur. « On peut pallier à sa relative fragilité en le contre-collant sur un textile » note astucieusement notre interlocuteur. A l’origine destiné à la reliure, il est aujourd’hui utilisé pour les doublures de chaussures, de valises et de sacs-à-mains. Rarement en velours, il se décline en version nappa et dans toutes sortes de finissages. Bien loin de toute flemmardise donc.

Pour renforcer la résistance du skiver, on peut le contre-coller sur un backing en toile.Le skiver peut adopter toutes sortes de finissages, comme ce grain mécanique en triangle.
©Conceria Conti

 

PREMIERE VISION LEATHER HALL 3

2 skiver
3 skiver