Seven Senses, start-up écolo du denim artisanal réinventé

Entretien exclusif de Andriana Landegent, co-fondatrice de Seven Senses

Au cœur du salon Première Vision Paris, Maison d’Exceptions est un espace exclusivement réservé aux designers de mode et aux marques de luxe. Cet écrin accueille 27 ateliers aux savoir-faire rares et offre une diversité internationale de techniques exceptionnelles. Pour l’édition de février 2017, Seven Senses rejoint Maison d’Exceptions pour la première fois.


 

Seven Senses est une start-up spécialiste de l’innovation écologique née d’une interprétation de savoir-faire traditionnels. Techniquement, en quoi les tissages et teintures que vous proposez sont uniques ?

Nos tissus sont créés selon nos recettes de fabrication à partir d’un alliage de savoir-faire tous faits main que personne d’autre ne réalise: les filatures et tissages traditionnels indiens Khadi interprétés pour créer un denim de très grande qualité et teint de façon écologique.  Par exemple, notre nouveau procédé de teinture naturelle à l’indigo, offrant une gamme de 21 couleurs allant d’un bleu très clair au bleu marine très foncé, permet d’éviter la disparition de la couleur au fur et à mesure des lavages. Aucun produit synthétique n’est utilisé. En plus, nous avons développé sept autres teintures naturelles. La qualité du denim est aussi assuré par les fils que nous torsadons avec nos propres machines, parce qu’il n’y en a pas sur le marché, et par le selvedge fait main. 

L’un des avantages de vos procédés de fabrication du denim, expliquez-vous, c’est qu’ils ne peuvent pas être copiés…

Seuls ceux qui ont la même chaine d’approvisionnement que moi peuvent les copier. Parce qu’en plus des filatures et tissages faits main et de la teinture naturelle, nous réalisons un ennoblissement spécifique au coton Khadi. Il lui offre une brillance et une douceur particulière. Un ennoblissement que personne n’applique car il prend beaucoup de temps !  Si vous regardez notre denim, il semble très rigide, très dur mais, au toucher, il est très doux.  Ce denim doté d’un effet complètement inattendu crée la surprise auprès de nos clients : « Qu’est-ce que c’est ? » nous demandent-ils !

Quelle réalisation fait la fierté de votre atelier ?

Grâce à certaines enzymes fournies par Mère Nature, nous travaillons sur une nouvelle fibre naturelle faite à partir de restes qui peuvent ressembler au coton dans ses propriétés. Travailler avec cette fibre s’intègre parfaitement à notre approche de développement durable !

La particularité de Seven Senses est d’avoir investi, dès sa création, fin 2014, dans la mise en place d’une chaine d’approvisionnement soutenant des artisans indiens et leur savoir-faire.  Comment se passe la collaboration avec les clients dans ce contexte ?

Ce que nous voulons, c’est une fabrication de tissus inscrite dans une démarche de développement durable. D’ailleurs, au terme « chaine d’approvisionnement » qui évoque l’univers industriel, nous préférons celui de « chaine sociale ». Nos tissus peuvent se fabriquer à grande échelle, mais cela prend du temps. Nos délais de livraison sont de trois à quatre mois.  Nous proposons aux clients de développer leurs propres tissus, voire mettre à la disposition de commandes le travail exclusif d’un certain nombre d’artisans.  Nous pouvons créer cent mètres de tissu par mois.

Qu’est-ce qui vous a décidé à vous engager dans l’aventure Seven Senses ?

En tant que chinoise née à Jakarta et élevée à Amsterdam où j’ai toujours vécu, j’avais ce lien international avec l’Asie. Après avoir étudié le management et les productions textiles, j’ai toujours travaillé sur la chaine d’approvisionnement en tant que consultante pour la production. Je dispensais des formations dans le monde entier.  En 2006, alors consultante pour les entreprises de vente au détail pour Tata, en Inde, j’ai découvert le monde écologique. C’est Amit, le sous-traitant de mon usine de couture en Inde, depuis douze ans, qui eut l’idée de se spécialiser dans la fabrication d’un denim unique qui n’existait pas encore.  Aujourd’hui, il est mon associé avec son ONG indienne, ce qui nous permet de faire perdurer et créer du travail pour les artisans. Amit est celui qui fait le travail le plus difficile !  Ensemble, nous travaillons avec l’énergie, ce que d’autres personnes appellent la spiritualité, d’où notre nom : Seven Senses.

Propos recueillis par Stéphanie Bui, fondatrice et rédactrice @The Daily Couture.com/fr

IMPORTANT : Maison d’Exceptions est réservé aux acteurs des marchés du luxe féminin et masculin -habillement, maroquinerie, chaussure et bijoux. Pour une qualité de travail optimale des ateliers et des visiteurs présents, Première Vision se réserve le droit d’entrée sur cet espace.