Table ronde: les points clé pour créer une marque d’accessoires

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Jeudi 14 septembre 2016, Première Vision Leather  en partenariat avec ADC – Au-Delà du Cuir invitait jeunes marques, spécialistes du financement et représentants de la filière cuir à échanger sur la réalité et les opportunités de l’entrepreneuriat dans le secteur cuir. L’occasion d’exposer les exemples de réussite et la diversité des appuis institutionnels et professionnels réservés aux entreprises naissantes.

Intervenants

  • Sophie Hivert, Déléguée Générale de la Fédération Française de la Tannerie Mégisserie
  • Delphine Le Mintier-Jonglez, Directrice d’investissement de la  BPI en charge du fond mode et finance
  • Louis Epaulard, fondateur de la marque de maroquinerie LEON FLAM
  • Nathalie Elharrar, fondatrice et créatrice de la marque de chassures JOUR FÉRIÉ
  • Xavier Chantepy, Coach entrepreunarial à Au-delà du Cuir

 Moderateur

  • Claude-Eric Paquin, Président d’ADC : Au-delà du Cuir et de la Fédération Française de la Chaussure

 

La création d’entreprise dans la filière cuir : une dynamique encouragée

« La France est réputée pour sa créativité et son design, elle est moins connue pour le dynamisme de la jeune création d’entreprise bien réel dans la filière cuir » introduit Claude-Eric Paquin, président d’ADC, Au-delà du Cuir et de la Fédération Française de la Chaussure.

Ils relèvent le défi de la création d’entreprise

Preuve de ce dynamisme, la jeune marque de chaussure Jour Férié Paris, actuellement soutenue par l’incubateur ADC. Nathalie Elharra, sa fondatrice confirme le mélange de discernement et de persévérance qui a présidé au lancement de sa propre marque. « Comme salariée j’ai exercé à toutes les étapes dans la chaussure et la maroquinerie de luxe. J’avais besoin de créer un ADN de marque qui me soit propre pour être responsable de l’ensemble d’une chaîne. » Après le lancement de la marque Larare, un concept de chaussures faciles à porter, travaillées avec le savoir faire du luxe se précise. Avec deux associées, elle créée la société destinée à exploiter cette niche. « Notre ambition n’est pas de devenir une très grande entreprise mais une affaire qui  fonctionne et qui repose sur une réflexion qui lui est propre, » précise la créatrice.

Louis Epaulard, fondateur de la marque Léon Flam apporte pour sa part l’exemple d’une industrialisation réussie. « J’ai pratiqué la recherche de fabricants pendant quatre ans avant de me dire qu’il serait plus intéressant de mieux contrôler mon sourcing et mes stocks » explique t-il. De là est né le projet d’un atelier de fabrication dans le centre de la France. Il s’agissait de sortir des séries et gagner en savoir faire sur le produit ». Le bénéfice de la démarche ? « La connaissance du produit ne va plus au fabricant, résume t-il mais nous permet de développer des volumes et d’améliorer nos propres marges. » 

Connaître la matière : un prérequis accessible

« Connaître la matière cuir et les métiers qui la façonnent est un prérequis important pour exercer et nous le rendons de plus en plus accessible,» insiste pour sa part Sophie Hivert, déléguée Générale de la Fédération Française de la Tannerie Mégisserie. Et la responsable de détailler les outils de formation développés par le CTC sur le cuir et ses transformations. La cuirothèque installée à la fédération à Paris en est un. Elle présente 300 échantillons issus de tous les tanneurs français. Les créateurs sont pareillement encouragés à présenter leurs projets aux 30 tanneries mégisseries françaises participants au salon Première Vision Leather. « Les solutions insiste Sophie Hivert existent s’agissant de la recherche de petits volumes chers aux créateurs : dans les showrooms des tanneurs, chez certains industriels qui sont équipés pour produire en petite quantités ». Enfin, il est rappelé aux jeunes que les opportunités dans la reprise et la transmission de tanneries sont plus que jamais ouvertes.

La filière cuir se démène pour ses jeunes pousses

Les fédérations professionnelles se sont dotées de nombreux outils pour accompagner et stimuler les nouveaux projets d’affaires. Xavier Chantepy, coach entrepreneurial détaille la particularité de l’incubateur ADC (Au-delà du Cuir). Avec le soutien de l’Etat ce programme accompagne 20 marques pour une période de trois ans. Huit à neuf dossiers sont sélectionnés chaque année. Les critères ? « L’équilibre entre la composante créative du projet et sa dimension entrepreneuriale, » précise Xavier Chantepy. Rythmé par des rendez-vous mensuels, le suivi porte sur la stratégie, les finances et le pilotage. Il intègre des formations spécifiques en matière de style et de direction artistique. Côté commercial, ADC prévoit la prise en charge partielle des participations aux salons professionnels et l’usage de son showroom permanent basé à Paris. Autre apport précieux : un fonds de garantie est destiné à éviter aux entrepreneurs de se porter caution personnelle quand ils négocient un emprunt pour financer leur besoin en fonds de roulement.

La prime aux business modèles innovants et rentables et innovants 

Dans leur recherche de financement les entreprises sont également invitées à se tourner

vers les instruments gérés depuis 2013 par BPI France. « Deux outils sont particulièrement adaptés, explique Delphine Le Mintier-Jonglez directrice d’Investissements de BPI France en charge du fonds Mode et Finance : le fonds pour les savoirs faire d’excellence doté de 20 millions euros, d’une part. Il finance les projets industriels et les dynamiques de transmission qui réalisent plus de 500 K euros de CA. Et le fonds Mode et Finance d’autre part, dédié aux marques dans l’équipement de la personne. » BPI France intervient toujours comme actionnaire minoritaire et de long terme. « Nous savons que les cycles de développement dans ces secteurs sont bien plus lents que dans la technologie. Nous considérons aussi que les créateurs doivent rester aux commandes de leur entreprise » précise la responsable. Les modèles d’affaires innovants, tels ceux qui mobilisent le numérique et ceux qui sont d’emblée rentables ont le plus de chance de retenir l’attention.

Présenter des projets valorisants et oser l’international

Les questions très concrètes venues de l’assistance ont porté autant sur les marges commerciales praticables que sur les difficultés à s’engager envers les fournisseurs en début de collection. S’ils doivent souvent démarrer avec de faibles coefficients multiplicateurs les jeunes entrepreneurs avertit Claude Eric Paquin doivent surtout veiller à ce que leur prix de vente professionnel soit toujours supérieur de 50 % à leur prix de revient. L’ouverture de points de vente laboratoire, les ventes directes, le recours aux vitrines pop up, les opérations commerciales collectives menées avec d’autres marques sont autant d’options commerciales à combiner. Reste selon Claude-Eric Paquin, qu’« il est difficile de concevoir un projet d’entreprise conséquent sans l’inscrire dans une diffusion internationale ».